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lectures de avril 18

Lectures d’avril 2 018
www.patrick-joquel.com

Beaucoup de livres lus ce mois-ci.
parmi eux mes coups de cœur et ça n’engage que moi
- Excusez-moi de vous déranger
- Les saisons de l’âme
- Qui es-tu ?
Ces trois là dans la rubrique poésie.
En BD : Visions of Basquiat
et en romans
- Caballero
- Uppercut
- Des feuilles et des branches
Un conte aussi tout en fin de dossier

Poésie
Titre : Excusez-moi de vous déranger
Auteur : Killian Provost
Editeur : Fatrasies éditions
Année de parution : 2 018

C’est tout petit. Ça se lit d’une traite. Et puis ça se relit. Et on se dit qu’on le verrait bien sur scène, genre one man show dans un café théatre. On a bien envie d’entendre ce texte. Et puis on se dit qu’on est mal ; qu’il vaudrait peut-être mieux refermer la parenthèse. Parce que ce qui se dit là, ce qu’on entend là, c’est la voix de celui qui entre dans la rame de métro et qui vient demander, quémander ; c’est la voix de celle qui surveille le distributeur de billets dans la rue. C’est le regard de cet autre qu’on essaie de ne pas croiser quand il vient vers nous.
Le regard de cet invisible… Et là, sa voix
Un livre à mettre en voix et en scène, seul ou à plusieurs.

https://fatrasieseditions.com/2018/03/17/excusez-moi-de-vous-deranger/

*
Titre : Les saisons de l’âme
Auteur : Yoarashi
Illustrations : Isabelle Frank
Editeur : Fatrasies éditions
Année de parution : 2 018

Un livre blanc et noir. Des haïkus et autres formes courtes. Des encres silencieuses. Beaucoup d’espace. On se promène dans ce livre comme dans un jardin japonais. On y respire. On y songe. On se sent présent.
Les haïkus demandent du temps. Aiment à être lus et relus au fil des jours. Les lire tous d’affilée en laissent au bord des yeux, un autre jour, l’humeur du lecteur cueillera un oublié au passage. Le haïku, c’est de la méditation en marche. Chacun parle son langage et le lecteur entend plus ou moins bien son murmure en fonction de son humeur ou de son expérimentation du monde.
En voici quelques-uns
Le vent souffle froid
Sous mon écharpe et ma veste
Il me lèche encore
*
Pleine lune
deux enfants la regardent
et oublient de dormir*
*
Les poches crevées
Mes soupirs semés s’en vont
Sur ces longs sentiers
*
Sous l’ombre des branches
La route attend à mes pieds
Je rêve d’ailleurs
*

https://fatrasieseditions.com/

*
Titre : Qui es-tu ?
Auteur : Simon Martin
Illustrations : Rochegaussen
Editeur : Cheyne
Année de parution : 2 017

Un long poème sur le thème de l’identité. Inconscience ? Courage ? Sérénité ? Simple lecture de l’histoire de la planète et de la vie sur Terre. Si chacun est unique, c’est prouvé ; chacun est issu d’une longue succession de vies uniques… Chacun est aussi vieux que la Terre et aussi neuf qu’une aurore.
C’est sur ce terrain-là que nous entraine Simon Martin, et avec un brio qui trace un beau sourire sur mon visage.
Quelques milliards d’années tiennent dans ce livre. L’histoire, mais aussi le mystère de la rencontre quand on s’ouvre à l’autre et qu’on le reçoit. Le mystère de l’altérité aussi. Sans oublier le mystère d’être soi.
Tout y est. Ça se lit d’une traite et ça se relit pour en goûter la malice, la profondeur et sa légèreté.
Les images s’amusent avec tout cela et donnent un supplément d’humour joyeux au thème.
C’est une réussite.
A donner à lire aux enfants, on est dans la collection Poèmes pour grandir ; mais aussi aux adolescents comme aux plus grands. A tous ceux qui s’interrogent sur l’identité profonde ; celle qui échappe aux papiers administratifs comme aux idées reçues, aux idées toutes faites ; celle qui échappe aux catégorisations, aux communautarismes etc.

Bon
Reprenons

Avant
Tu étais ça

Queques atomes de carbone
Un peu d’hydrogène
De l’oxygène
Un poil d’azote

Quatre virgule cinq
Milliards d’années sont passées
Et tu es devenue ça
Comment cela est-il possible ?
*
L’autre est pour moi une énigme

A quoi pense-t-il
De quoi sont faits ses rêves

Croit-il en la vie éternelle
Ou en la réincarnation

A-t-il une fois dans sa vie
Rencontré l’amour
La vengeance ou la haine

Mais le temps de formuler
Ces interrogations
L’autre est déjà loin
Englouti par la foule

Et il est trop tard
Pour songer à le rattraper

http://www.cheyne-editeur.com/index.php/poemes-pour-grandir/309-qui-es-tu

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

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Titre : Le monde révélé
Auteur : Erwan Gourmelen
Illustrations : Titi Bergèse
Editeur : Donner à Voir

Année de parution : 2 018

Un petit carré tout silencieux, attentif à ce qui touche, à ce qui blesse. Le poème comme consolateur. Comme outil de présence au monde.
Je me contente
de la lumière du jour
Le poème comme outil de fraternité aussi
je parle la langue des hommes

Les gravures de Titi Bergèse, océan au crépuscule avec goélands, dialoguent avec les poèmes. Elles offrent une respiration, comme lorsque le marcheur s’arrête pour laver ses yeux à l’horizon et suivre un vol de goéland.
Un livre plein d’océan, sa rumeur, ses lumières et son silence.
c’est l’heure maintenant d’aimer.

www.donner-a-voir.net/

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Titre : La rotation du cuivre
Auteur : Nicolas Gonzales
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018

Ce livre surprend. C’est souvent le cas à la Boucherie Littéraire. Il surprend et il déroute. Demande plusieurs lectures.
Vivre est un sursis permanent. Les poèmes ici questionnent cette perte possible, cette perte progressive, annoncée, promise. La perte de l’autre mais aussi sa propre perte. Un questionnement sans concession. Au couteau.
Le temps est à l’œuvre. Un temps de chair. Celui qui passé le sommet du corps s’affaire à miner ce qu’il a construit. Le temps qui parfois réserve un choc frontal, direct. Comme une surprise.
On est seul dans son aventure de vivant. Bien seul et les nuits sont parfois blanches. Ou grises. Noires aussi. Le café du matin laisse un goût amer.

J’aimerais bien entendre cet ensemble sur une scène, avec plusieurs voix et quelques images. Ce serait dense et décapant.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

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Titre : Le jour par la main
Auteur : Jean-Charles Paillet
Illustrations : Hervé Gouzerh
Editeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 018

Les jours peuvent dormir
comme un livre fermé
les nuits chevaucher
l’absence et le silence

Tant que j’aurai au cœur
la force des mots
j’écrirai partout l’amour
et le vol des abeilles

Pour que vive demain
*
Même si
l’eau tumultueuse
menace le rivage
M$eme si l’épine
bleesse le cœur
Même si le feu
brule les paupières
Même si la terre
est un bourbir
Même si les mots
sont des armes
Avancer
avancer encore
confiant
verls le beau
Multiples sont les horizons

Un livre comme une piste vers la joie. On pense à Giono. Des poèmes à l’infinitif, comme des conseils pour vivre plus haut que possible. On pense à Guillevic. Des poèmes qui jouent avec le tu, comme des invitations à suivre le chemin que trace le poète. On pense à Victor Hugo.
Un livre tout simple mais qui emmène loin. Qu’est-ce qu’on demande de plus à un petit carré de poésie sinon de nous enlever (on pense aux amoureux) pour aller quêter un supplément de vie.
Les images accompagnent avec sobriété ces mots simples mais denses.
*
Titre : Le poète et la méchante humeur
Auteur : Jean-Marie Barnaud
Images de Rascal
Editeur : Cheyne éditeur
Année de parution : 2 018

Une ré édition. Autre format. Autres images, Rascal et son art ! Même texte. Toujours le même bonheur de lire cette journée qui commence si mal et qui finalement se termine avec le sourire. Il y a des jours comme cela où tout démarre mal, où l’on se complait dans la grogne jusqu’à ce qu’une éclaircie – un sourire, un nuage fugace- un on ne sait quoi de futile- ramène le jour à sa juste dimension. celle qui relève du miracle.
Si Jean-Marie Barnaud est souvent grave dans son écriture, interrogeant la mort avec opinatreté, il demeure aussi et résolument du côté du bleu, du beau temps qui passe sur lequel on a si peu à dire, et de cet incendie que parfois on voudrait éteindre tant il flambe haut et clair !
Barnaud, à lire et à relire ! Merci à Cheyne de suivre ainsi avec fidélité ses livres.

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

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Titre : Contre le désert
Auteur : Alain Freixe
Editeur : l’Amourier
Année de parution : 2 017

Des pépites parmi tant :
La tombée des grilles où s’enferrent les rêves du large quand les vents du nord giflent leurs flèches rouillées.

On rêve de guider cette lumière jusqu’aux serrures des mots et faire voler en éclats toutes les portes de la réalité.
Et cet aveu d’impuissance résignée qui suit
… Mais non…. la pluie, toujours la pluie…

… attendre
dans le muet du monde
les mots
qui portent le soleil
et se rient de tous les froids

on retrouve dans cet ensemble de textes verticaux ou horizontaux tout ce qui anime Alain Freixe : l’attente de ce quelque chose qui vibre, résiste, qu’on sent et qui se dérobe… la quête d’une lumière, la nostalgie d’une enfance rayonnante, la perte et cette attention à tout ce qui se débat dans les ombres, les souterrains du monde (qu’il soit réel ce monde ou qu’il demeure dans le virtuel des idées). La densité, toujours, chez ce catalan épris de montagne et de l’effort rédempteur de la marche vers le sommet qui se dérobe encore
le passage aérien que je ne prendrai pas

un livre dense, un livre de résistance.

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

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Titre : La baie
Auteur : Jean-François Forestier
Papiers découpés: Pascale Etchecopar
Editeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 018

Ce petit carré commence avec les dernières couleurs de la nuit. On suit ensuite l’avancée de la lumière. Ses hésitations. Son jeu avec les brumes de l’océan. Comme un pêcheur de silence en sa barque solitaire. Le jour avance, les cormorans, les enfants… La vie et ses jeux. La journée passe ainsi, déroule ses promenades, ses travaux jusqu’au crépuscule. L’océan se repose, derniers goélands en vol… La rotation des phares…
Toute une journée, toute une ambiance. Des poèmes pour apprivoiser le rivage. Pour entrer dans le dialogue de cette rencontre.
Les papiers découpés accompagnent cet état de musement dans lequel nous plonge la lecture. De l’espace. Du silence.
Un petit carré qui reconnaîtra tous ceux, toutes celles qui aiment la mer.

http://www.donner-a-voir.net/

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Titre : Transparêtre
Auteur : Anne Pastor-Cadou
peintures de Danielle Filâtre
Editeur : Soc et Foc
Année de parution : 2 018

Un livre de poèmes en prose. Des poèmes qui interrogent le poète. Ou le lecteur. Un guide de savoir être :
Ma parole est née comme giclure de nuit épaisse à clarté première. Cette heure étroite qui permet encore d’extirper les blessures d’enfance. Instant ténu de la bougie où l’être nu grouille de mots, au creux du silence : loin, bien loin de l’ordonnancement militaire des phrases claironnées ; loin de la carapace certifiée conforme, à endosser chaque jour gaspillé à paraître.
Voilà, nous y sommes : le poème est contestataire, hors norme. Lire de la poésie, c’est s’engager dans des voies de traverse, dans du free ride.
Écrire, comme un vouloir être. Être plus, être davantage. Une éthique de vie. Une volonté. On croise cette exigence dans les mots de ce livre comme dans les peintures qui les accompagnent.
Une quête de légèreté, de transparence
se faire chemin de traverse, percer en plume légère et apprendre à tracer la lumière.
Laisser transparêtre.

https://www.soc-et-foc.com/

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Titre : Où vont les robes la nuit
Auteur : Dominique Sampiero
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018
Un livre sur l’absence. Celle de la femme aimée. Disparue. Il ne reste que ses objets, ces objets si indifférents à la vie humaine. Il ne demeure que le silence. Le vide. La perte. Et la voix, qu’elle soit sonore ou écrite : cette voix qui cherche à dire le manque. Qui cherche à s’accrocher aux ombres. Qui cherche à dire ce qui n’a pas été assez dit avant. Qui cherche à prolonger cet avant. A s’en nourrir. Pour mieux défier ce nouveau présent qui se conjugue au passé.
Un monologue émouvant sans être triste. Profond sans se prendre au sérieux. Dense. Simplement dense, comme ces heures de grande nuit durant lesquelles ce texte a vu le jour.
Un livre qui accompagnera celles et ceux qui partagent l’expérience. Chacun de nous, tôt ou tard.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/editions-la-boucherie-litteraire-c27101010

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Titre : fauves
Auteur : Ramiro Oviedo
Editeur : Editions Corps Puce
Année de parution : 2 017

Une poésie qui vient de loin. Elle roule hors des chemins battus, des salles bien pensantes et se moque de tous ceux qui se tiennent trop droits, dans leurs costumes officiels. Des textes qui emmènent le lecteur dans ces territoires où la vie retrouve un goût sauvage, une liberté, une saveur.
il suffit de se laisser prendre par le rythme des mots pour suivre l’ombre du poète. Un voyage dont on revient transformé.

*
Titre : Horizon(s)
Auteur : Christophe Schaeffer
Editeur : Editions de l’Improbable
Année de parution : 2 018

Christophe Schaeffer nous présente ici neuf horizons. De l’horizon intérieur, plongée en soi-même, à l’horizon cosmique
Petite comète ma sœur
On passe par le désir, la mort (horizon que nous partageons tous), l’horizon du voyageur, du veilleur, du méditant ou de l’ermite, l’horizon de l’autre, l’être aimé… Ce qui sauve l’homme, c’est bien cet élan. Cette envie d’aller voir toujours plus loin, toujours plus haut. Aussi bien dans la réalité géographique de la planète, que dans celle des sciences et que celle bien plus humaine de l’aventure personnelle. Une vie qui se creuse, qui avance, qui se donne et s’interroge ; qui s’enfuit…
Ce désir d’horizon pour habiter le présent. Pleinement.

http://levaisseauimprobable.fr/node/37

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Titre : Au fil de ma mère
Auteur : Jean-Pierre Sautreau
Illustrations : Camelus
Editeur : opéra
Année de parution : 2 017

Un livre qui sent bon la nostalgie de l’enfance. L’auteur visite ses souvenirs. Ceux liés à sa maman en particulier. Couturière. Au fil de la lecture, remonte une époque. Celle des années cinquante/soixante. Ce moment où tout bascule, où l’on quitte une vie séculaire pour entrer dans le monde moderne. En témoignent l’arrivée de la salle de bains, celle du moulin à café…
Un livre à offrir à ceux de cette génération, ils s’y retrouveront. Comme à ceux que le passé intrigue, ceux qui cherchent à imaginer le comment c’était avant l’électricité, avant tout ce que l’on croit immuable et permanent aujourd’hui.
*
Titre : Il faisait loup
Auteur : Jean-Pierre Sautreau
Gravures : Henry-Pierre
Editeur : Opéra
Année de parution : 2 017

De magnifiques gravures, fines et sobres : arbres, paysages, maisons. Le regard s’y promène, rêveur. Le poète aussi qui accompagne de quelques mots en pavés de prose ces images.
Un livre tout en silence et à contempler, tranquillement. Une page par jour qui accompagnerait le lecteur quelques heures avant d’en changer.
Un livre à offrir aux rêveurs, aux amateurs de campagne et de sérénité.

BD
Titre : Visions of Basquiat
Auteur : Yves Budin
Editeur : Les carnets du Dessert de Lune
Année de parution : 2 018

Une Bd sur la vie du peintre Basquiat. Tout y est. Sans concession. Un trait noir. Parfois tendre. Parfois violent. Comme la vie de ce jeune homme. Des mots qui claquent. Comme des coups de pinceaux ou de bombes sur les murs des rues, sur les pages.
On se tient là, dans la vibration du créateur. Tout palpitant.
Une réussite à offrir à tous ceux qui aiment la BD, et bien sûr à ceux que la trajectoire de comète de Basquiat interpelle.

https://www.dessertdelune.be

Roman
Titre : Des feuilles et des branches
Auteur : Julia Billet
Illustrations : Manon Ficus
Editeur : Le Calicot
Année de parution : 2 018

La probabilité que ces deux-là se rencontrent étaient plus que minime. La guerre s’est mêlée de la vie de Talha et il a marché jusqu’à Ilana. Il a mis le temps. Le temps de venir de Syrie jusqu’en France en passant par la Turquie, la Grèce etc. Ces deux-là ne parlent pas. Lui, parce qu’il apprend le français et ne dispose pas des mots, pas encore. L’arabe ou l’anglais, Illana ne les comprend pas. Alors ils dessinent sur des cahiers. Ils se parlent en crayon, en regard, en main.
La façon dont Manon Ficus rend les dessins des deux adolescents me fascine. Le jeu n’était pas évident, il est rendu limpide. Bravo.
Encore un livre sur les migrants, direz-vous… Oui, bien sûr, comment appeler autrement le voyage de Talha ? Non, pas vraiment : plutôt le récit d’une rencontre entre deux jeunes gens. Une aventure humaine. Banale : la naissance d’un amour, ça arrive à peu près à tout le monde. Même chez les blessés de la vie. On vient de loin parfois pour enfin se poser sur ces rivages là.
Une magnifique réussite que ce livre édité au Calicot.

http://lecalicot.fr/

*
Quand vient la vague
Manon fargetton
Jean Claude tixier
Rageot
Un livre à deux voix c’est toujours une aventure. Celle-ci est heureuse. Deux vies en parallèle. Une sœur aînée, son frère. Peu d’écart d’âge mais comme souvent chacun suit sa vie sans trop s’intéresser à l’autre. L’autre fait partie du décor comme les parents, le lycée, le quotidien.
Ce décor s’effondre. Le lecteur va suivre alors les deux adolescents dans leur opération survie puis reconstruction.
C’est prenant. Le livre tient aux mains, l’émotion suit et on s’attache aux personnages qu’on accompagne ainsi et qui viennent s’intégrer à notre quotidien.
Une belle réussite à lire des dix ans et sans limite.

http://www.rageot.fr/

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Uppercut
Ahmed kalouaz
Rouergue

Un ado. Son héros, c’est le boxeur américain… condamné en sans réelle autre preuve que la couleur noire de sa peau, un possible champion du monde écarté des rings. En fond sonore bob Dylan et son hurricane. L’internat, ultime tentative pour calmer la rage du garçon, ses poings de jeune français à la peau noire. Une fugue. Avec un pote d’Internet. Un chef d’établissement humain qui propose un stage dans un centre équestre. Le racisme ordinaire au fil des pages. Comme une couche de mots gluants qu’on colporte sans réfléchir, celui des expressions de la langue, des clichés. Celui qui recouvre le bon sens et l’humanité du patron.
Un livre qui permet de prendre conscience des différents points de vue et qui propose au lecteur de réfléchir à sa propre position face aux différences. A ce dont il est conscient comme à ce qu’il véhicule sans le vouloir.

A donner à lire des 12 ans et sans limite.
*
Titre : Caballero
Auteur : Lénia Major
Editeur : Samir
Année de parution : 2 016
Un roman positif. Comment donner le gout de la vie à un ado engoncé dans son adolescence à tourner en rond.
Donner la possibilité à la jeunesse de s’engager, de s’investir, de donner sens à ses jours… C’est vraiment un des moyens d’avancer.
Une recette qu’on pourrait tous mettre en route, proposer aux jeunes autre chose…
D’ailleurs, le héros Genaro est un fin pâtissier. C’est en mettant en avant ses capacités qu’il va découvrir qu’il est bon à quelque chose, digne d’être aimé.
Dans ce roman, on croise des personnages qui sortent du commun tout en étant simplement quotidiens. Des chiens, des lévriers pour être exact. Beaucoup d’humanité. Bref à mettre dans toutes les mains de 14 à 104 ans.

conte

Titre : La princesse capricieuse et le prince naïf mais pas trop bête
Auteur : Emeline Pipilier/Liane Silwen
Illustrations : Florriane Rémond
Editeur : Fatrasies éditions
Année de parution : 2 017

Un conte avec son lot de surprises. Le ton est joyeux, l’air de rien et résolument ludique. On ne se prend pas au sérieux ici mais le conte avance inéluctablement et sans concession vers sa fin dont je ne dirai rien.
Une princesse, un prince… une histoire d’amour encore ? Un peu mais pas que… De drôles de fées aussi.
Un conte atypique mais qui sait manier les ficelles du conte.
Bref à découvrir.
Fatrasies donne ainsi voix à de jeunes auteurs auxquels on souhaite de nombreux livres à suivre.

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com