PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

lectures de décembre 18

Lectures de décembre 18
Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

Poésie
Titre : Voix éclatées (de 14 à 18)
Auteur : Patrick Quillier
Editeur : Fédérop
Année de parution : 2 018

Plusieurs années de travail pour ce livre de poèmes de 400 pages. Une performance ! Le poète chercheur s’est mis à l’écoute des monuments aux morts de nos villages, des noms gravés dessus et qu’on ne lit plus ou à peine du bout des lèvres. Il a cherché à retrouver leur histoire. Il a donné sa voix pour dire, remplir l’espace oublié entre les deux dates.
Les poèmes sont tous en décasyllabes. Épiques ! Il renoue ici avec cette longue tradition poétique de l’oralité, du roulement des mots comme des vagues marines. Le phrasé, le rythme, les images, les émotions s’enchainent en ressacs tantôt violents, tantôts chuchotés. Il remet de la chair sur ces noms, nous donne à entendre quelques fragments éclatés de ce que fut leur vie durant ces années de guerre. Ce que furent leurs derniers jours de jeunesse.
On en a écrit des livres sur la guerre et là, on est au cœur : on est dedans, déchiré, bouleversé ; silencieux.
Les poèmes nous embarquent dans ces années-là. On reste sans voix.
Loin de faire l’apologie de la guerre et des rodomontades viriles, ce livre la dénonce.
Un livre à donner à lire dans les cours d’histoire du 20e siècle bien sûr mais aussi à tous, jeunes et moins jeunes, pour se souvenir, pour ne pas oublier, pour ne pas recommencer. Un livre à garder en mémoire devant les titres des journaux, face à ces guerres lointaines dont les images nous rejoignent entre fromage et poire. Un livre engagé et qui incite à s’engager, aussi modestement que ce soit, à sa juste place quotidienne, contre !
Ce livre vient de se voir décerner le prix Kowalski.

http://federop.free.fr/oeuvres/Voix-eclatees.html

*
Titre : Mémoire vive des replis
Auteur : Marilyne Bertoncini
Photos : Marilyne Bertoncini
Editeur : Pourquoi viens-tu si tard
Année de parution : 2 018

Le sable de la dune voile ma carte d’amnésie
et mes pas d’aujourd’hui s’enchainent à ceux d’autrefois

Ces deux vers donnent le ton, l’espace et le temps de cet ouvrage. On y erre entre souvenirs et présent, avec le présent des souvenirs. Le regard lointain, le silence en bandoulière et la saudade au cœur. On s’y retrouve au détour d’un mot, sur une image familière : on partage tous le même monde, des émotions identiques, des rêves communs. Plus ou moins bien sûr, sinon que deviendrait notre unicité ?
Les plis du cerveau, échos aux plis de la mémoire. Le mystère des connexions et le rappel d’un instant passé. Une odeur, un paysage, une madeleine… Des plis dans le monde il en existe des milliers ; à commencer par ceux des tours de soleil, mais plus proches aussi, plis des écorces, des pierres, des nuages… Suffit d’ouvrir l’œil. De les surprendre. Un jeu de photographe : l’auteur associe ainsi images et mots. Souvenirs et présent enchaînés, loin de s’y emprisonner, elle libère ainsi le futur. Comme un apaisement.

J’ai eu la chance d’entendre Marilyne lire ce livre, à Nice, chez Pauline. Accompagnée par un accordéoniste. Une lecture qui offre un moment de musement.

http://www.association-lac.com/editions/imagespvst/Poesie20.html

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Titre : Quasi-poèmes
Auteur : Yves Barré
Illustrations : Emmanuelle Brisset
Editeur : Polder
Année de parution : 2 018

Pourquoi se prendre la tête à tenter le poème, un quasi suffit bien ! à condition de le réussir, bien sûr.
Recette approximative :
- Observer les mots, le monde et les journaux
- S’amuser
- Jongler
- Oser
- et regarder avec le sourire en penchant un peu la tête à droite ou à gauche, selon…
Et oui, ce n’est pas si facile que ça de réussir un quasi poème. Ce n’est pas donné à tout le monde. On connait Jean l’Anselme et ses poèmes cons, et bien si on apprécie, on peut lire Yves Barré alors sans crainte.

conte hygiénique
La grande feuille
était bien trop rêche,
la moyenne feuille
bien trop glacée,
la petite feuille
bien trop petite
pour son besoin..
Boucle d’or
détacha une feuille
du rouleau de lotus
*
une malpolie

bien qu’elle entre chez toi
sans frapper
tu restes au tapis

La mort ne prend
pas de gants
*
le cours du platine va augmenter

en Afrique du Sud, les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des mineurs en grève. 34morts, 78 blessés. (les journaux)

De retour à la maison
après journée de merde,
la force de l’ordre
a-t-elle encoure goût
à embrasser
épouse et enfants ?
*

Titre : La poésie, personne n’en lit
Auteur : Marc Guimo
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018

Le livre commence par un long poème à percuter. A lire à haute voix, pour le plaisir des mots en bouche, du rythme au souffle et pour la justesse des mots sortis de la langue commune pour prendre un autre sens que l’habituel de la tribu. C’est la force de ce livre que de(j’ose le barbarisme) débouer les mots usuels pour leur redonner leur éclat !

On tient en main ce livre et on l’entend nous rire :
un livre dans les mains
de n’importe quel bénéficiare
au-delà de vingt minutes
ça devient un bon coup

Il reviendra au lecteur de regarder sa montre…

Marc Guimo s’interroge tout au long de ces pages sur ce qui le fait écrire. Sur le à quoi ça sert ? Et le qu’en fait-on ? Qu’est-ce qu’un poème, qu’est-ce que la poésie ?
Et toutes ces sortes de choses qui remplissent des thèses universitaires (je n’ai rien contre) et qui là se condensent en quelques lignes, quelques vers, quelques textes, quelques poèmes. Le condensé, cette ferveur, ce savoir « poétique ».
Un livre à offrir à tous ces poètes qui… que… dont…
Un livre à donner à tous ceux qui cherchent à écrire.

http://ekladata.com/lmBqMGQL1THm0JcTYHeti7lkB4Y.jpg

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Titre : Avant le lac
Auteur : Sophie Braganti
Editeur : propos2
Année de parution : 2 018

Un livre écrit pendant une résidence d’auteur à l’abbaye de Boscodon, tout près du lac de Serre Ponçon. Sophie Braganti y allait flâner, respirer et y trouva des impressions, des sensations, des souvenirs, des mots. Une envie de savoir, de débourber le passé. Cela donne ce livre d’une écriture à la fois nerveuse et douce. Ce long poème tourne autour du passé, trace l’ombre et l’histoire du lac, des hommes qui ont dû partir, d’un territoire noyé ; de ceux qui sont restés aussi.
Aujourd’hui on y voit que du bleu (les hautes alpes ont un ensoleillement record) ; dans les années de construction du barrage, la télévision filmait en noir et blanc.
Pas d’autre parti pris que celui de l’individu, celui qui s’est noyé dans un passé couvert d’eau comme celui qui a pu s’adapter au monde nouveau.
Un long texte à lire doucement, en laissant résonner autour de son fauteuil le silence des absents, un texte à écouter dans la voix de Sophie. Dans ce dernier cas, lui demander aussi la vidéo qu’elle a construite avec Victor Lanneau pour témoigner de ce temps.

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Titre : Un jour, j’ai pas dormi de la nuit
Auteur : Marlène Tissot
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018

Le temps de l’insomnie. Cet entre-deux. On y est comme échoué. L’esprit en errance. On se sent désactivé, plutôt incapable. Dur de suivre le rythme du quotidien,
le matin, on habille nos humeurs par pudeur
puis on descend les poubelles, comme tout le monde

On sait bien qu’on ne rêve plus, que les rêves se tiennent hors de portée
les rêves c’est comme le bon pinard
on y prend goût trop facilement
et j’ai pas les moyens
et j’ai pas l’envergure

Difficile d’être soi, d’être dans la ligne dite normale, quand on se perd entre crépuscule et aube, entre soi et l’autre, entre les autres et soi-même. Entre la vie attendue, celle que souhaite offrir la société (métro/boulot/dodo-villa/piscine/apérobarbecue- etc.) et sa vie avec son quotidien, ses hésitations, ses peurs, ses réussites aussi ; sa difficulté à rester dans la norme…
Parfois j’aimerais me voir de dos
me regarder partir
me laisser m’éloigner de moi
trouver enfin un peu de paix

Le poème demeure à l’affût de la faille, cherche la fissure où s’engouffrer avec son imaginaire créatif, hors norme. Alors forcément il traverse la société réelle comme un décalé insaisissable. Il patauge dedans
les temps sont durs pour les rêveurs
surtout ceux qui restent éveillés

Il prévient aussi
tu peux m’apprivoiser
mais n’essaie pas de me dompter

Un livre à lire et à relire, beaucoup de richesses à explorer, à laisser résonner. Un livre à écouter, à plusieurs voix, dans une ambiance de veillée.

http://ekladata.com/89HyjRMUz1PLVU2VFztBUrnDQe4.jpg

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Titre : Notes de bois
Auteur : Thomas Vinau
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018

Dans la collection Carné poétique, ce petit livre rouge au cœur, et blanc autour. Cuisiné façon hamburger en quelque sorte mais naturel. Sans ajout de sauce. L’hôte invite son lecteur à pénétrer dans son bureau et à suivre ces heures de travail, face à la fenêtre, avec pour accompagner ses pauses café
Rond de café = Hublot

de courts textes verticaux qu’on imagine écrit sur un de ces vieux buvards qui protégeaient à l’époque des encres, le bois du bureau. Pas grave si c’est juste un cahier de brouillon.
Mon cahier est ce radeau
de goudron et d’encre
Mon stylo cabine de capitaine
et la poussière
mon équipage

Des pages à déguster lentement, bouchée par poème. Lentement. Histoire de prendre le temps de gouter l’univers de Thomas Vinau. Ce qu’il voit, entend, touche, sent… lorsqu’il se met au bureau avec la tentation de l’écriture. De petits instants minuscules comme il les affectionne et qu’il aime partager.
À notre tour, sur les pages blanches, d’y noter les nôtres. Nos petits minuscules. Directement, sans filet ; ou au contraire après un temps de macération…

De mon bureau je vois
une cabane en bois
une branche de pin
une merde de chien

Trois oiseaux sur la branche
des mésanges à tête noire
je penche
je gagne ma journée
à travers la fenêtre

Un petit livre qu’on pourrait imaginer dans les mains des enfants d’une classe. Après sa lecture et une lecture sur la durée, on inciterait les enfants à partir en quête des minuscules… à écrire à leur tour, librement. Inciter à voir le monde, à l’écrire : ce devrait être une évidence pour l’école.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

Je n’ai pas quatre dromadaires
ni de galion ni de vaisseau
ni d’ailes au milieu du dos
Le monde est grand par la fenêtre
une galaxie dans un verre d’eau
On a les sirènes qu’on mérite

Ici derrière ce mur de bois
il arrive qu’un indien en bottes de sept lieues
chasse l’ours avec Peter Pan
croyez-le ou non
mais ça arrive
*
Titre : Cent lignes à un amant
Auteur : Laure Anders
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018

Une aventure amoureuse en cent lignes poétiques, pourquoi pas ? 99 vers commencent avec un Je vous embrasse…
Une manière d’explorer le réel autant que de jouer avec la punition d’antan. Explorer le corps de l’autre, explorer son être ; explorer le monde : ce sont bien des pistes qui arpentent les terres de ce qu’on appelle faute de mieux poésie.
Une aventure d’écriture qui en ouvre d’autres : à chacun d’imaginer le thème de ses cent lignes à rédiger pour demain et à faire signer…
D’ailleurs cette nouvelle collection de la Boucherie Littéraire nommée Carné poétique présente le poème en sandwich entre des pages blanches : une invite à écrire. Antoine Gallardo revisite le livre de poèmes interactif (on retrouve par exemple cette idée chez Pluie d’étoiles éditions avec une invitation à écrire et à illustrer). Qui se risquera à écrire dans un livre ?
Et que deviendront ces écrits ? des listes de courses si on a le livre dans sa poche ? des prises de notes ? des dessins ?

Une aventure à suivre…

http://ekladata.com/qPrHpYnyYSs_y9QSJceNyIJz31o.jpg

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Albums
Titre : Le marquis de la Baleine
Auteur : François Place
Illustrations : François Place
Editeur : Gallimard jeunesse
Année de parution : 2 018

Cette fois-ci François Place nous entraine au théatre. Dans une comédie tragique en six actes, trois personnages et une baleine. Un trio : un couple âgé, et leur neveu tout frais sorti de ses études et plein d’idées grandioses, de certitudes et d’ambition. Il va réussir à entrainer oncle et tante dans un pari fou, audacieux ; rêver plus grand que possible. Trop grand. Je n’en dirai pas plus pour vous garder la surprise.
C’est juste géant. La taille de l’album, l’ampleur des dessins et le côté philosophique de cette plongée dans l’absurde. Un absurde qui semble parfois couler sous les pages de nos journaux. Comme si nos politiciens, politiciennes étaient capables d’idées, de projets aussi saugrenus que celui du jeune Sigismond.
Du théâtre, oui. De l’humour, bien sûr. De l’inventivité créatrice, toujours. Avec en second degré, cette critique douce amère du contemporain. Un régal. Reste à le monter sur scène ; quel collège, quelle école ou quelle troupe s’y risquera ?

http://www.gallimard-jeunesse.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Albums-Junior/Le-Marquis-de-la-Baleine

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Titre : Les Riches Heures de Jacominus Gainsgorough
Auteur : Rébecca Dautremer
Illustrations : Rébecca Dautremer
Editeur : Sarbacane
Année de parution : 2 018

Qu’est-ce qu’une vie ? On vient au monde, plus ou moins par hasard. On grandit. On fait des choses ou on ne les fait pas. On vieillit. On s’en va. Quel bilan ? Quel souvenir ? On ne fait que passer et chaque histoire est unique. Et chaque histoire s’inscrit dans ce présent continu du monde.
Jacominus n’a qu’une vie. Comme nous. On le suit page après page, époque après époque. On grandit avec lui. On voyage avec lui. On le suit dans ses choix, dans son aventure d’enfant, de jeune homme, de père et de vieillard. On le quitte en tournant une dernière page et en contemplant un paysage d’amitiés, de liens héréditaires.
Une vie qu’il a aimée. Il le dit lui-même. Avec ses variations d’intensité, de couleurs.
Une vie comme la nôtre, ou presque. Si peu de différences au fond entre nos vies, on ne fait que passer… Et peu importe finalement le barreau de l’échelle sociale ou le nombre de zéro du compte en banque.
Un album dont le texte et les tableaux forment un tout empli d’espace et de silence. De respect aussi. Un album pour rêver, réfléchir et discuter ensemble sur ce qui nous traverse tous : la vie.

http://editions-sarbacane.com/les-riches-heures-de-jacominus-gainsborough-2/

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Titre : C’est ainsi que nous habitons le monde
Auteur : Alain Serres
Illustrations : Nathalie Novi
Editeur : Rue du Monde
Année de parution : 2 018

Un grand album où se côtoient des planches botaniques du 19e siècle, les tableaux de Nathalie Novi. Les deux dans l’accompagnement d’un texte que la découverte des planches a suscité, prévient l’éditeur. Un texte qui vient nous murmurer à l’oreille quelques mots de la présence au monde.
Vivre à la dimension de ses cinq sens et entrer, participer à ce présent du quotidien.
Nous sommes tous à bord d’une même Terre et tous vivants. Tous frères de vie. Une idée que de nombreuses voies ont explorée au fil du temps et des espaces. Une idée que vient confirmer la génétique aujourd’hui. Nous sommes partie prenante d’un tout et ce tout vient nous traverser.
Il reste à chacun à arpenter cette voie, à vivre en accord avec la Terre et les autres vies que l’on côtoie, vies humaines et toutes les autres.
Un beau récit, bien prenant dans son aventure personnelle et qui suscite autant de méditations, de rêves et de réflexions.
Une réussite !

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Titre : Bonnes nouvelles du monde
Auteur : Alain Serres
Illustrations : Nathalie Novi
Editeur : Rue du monde
Année de parution : 2 017

Les journaux… Chaque matin, la radio. Chaque jour, le journal. Chaque soir, le journal télévisé. Les documentaires. Dans la voiture, sur le téléphone, sur écran, sur papier. Tous ces journalistes, reporters qui sillonnent la planète pour nous dire comment elle va, donner son pouls, informer… Au risque de leur vie parfois.
Nous entendons des nouvelles à trembler, à pleurer, à frémir mais parfois aussi à rêver, à sourire, à aimer. Les nouvelles du monde ne sont pas toutes en Une des journaux, surtout les bonnes mais ne les oublions pas celles-là.
C’est un colibri qui dans cet album où les journalistes sont des oiseaux, qui donne cet éclairage et permet de garder l’espoir en l’homme. Un colibri, vous voyez ce que veut dire Alain Serres…
Les images de Nathalie Novi, peintes sur des journaux du monde entier, donnent de la profondeur, de la couleur et de l’humanité à ce texte à caractère philosophique.
Une superbe réussite à mettre dans toutes les bcd et cdi ! De toute urgence !

https://www.ricochet-jeunes.org/livres/bonnes-nouvelles-du-monde

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Titre : Merci Miyuki !
Auteur : Roxane Marie Galliez
Illustrations : Seng Soun Ratanavanh
Editeur : De la Martinière
Année de parution : 2 018

Une petite merveille de l’automne. Un grand format. Des double pages où texte et images s’accordent. Je me suis promené avec plaisir et délicatesse dans ces pages jardins. Ces pages tranquilles. Un moment de pause. Une respiration.
J’y ai suivi un grand père et sa petite fille Miyuki. Elle veut jouer bien sûr. Le grand père souhaite un peu de tranquillité pour méditer. Qu’importe, Miyuki manifeste le désir d’apprendre à méditer.
Une leçon de savoir être et de savoir vivre.
Un livre qui permet d’appréhender sans grand discours ce que sous entend le mot méditation. Une merveille, je le répète.

http://www.lamartinierejeunesse.fr/ouvrage/merci-miyuki-roxane-marie-galliez/9782732485034

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Essai
Titre : L’anarchie ou le chaos
Auteur : Philippe Godart
Illustrations : Vincent Odin
Editeur : Le Calicot
Année de parution : 2 018

Souvent quand on dit anarchie on pense à du n’importe quoi, n’importe quoi, au chaos. Il est bon ici de se recentrer sur le sens des mots et ce sur quoi ils s’appuient. Qu’est-ce que le pouvoir ? Qu’est-ce qu’un état de droit ? Qu’est-ce que contester veut dire ? Que sous-entend le mot anarchie ? Et tant d’autres choses qui se mélangent souvent lors des manifestations de mécontentement.

Ce petit manuel cherche à définir en s’appuyant sur l’histoire du mouvement l’anarchie. C’est un petit précis clair, argumenté, compréhensible. Sans être un manifeste pour encourager le mouvement, il en explique les enjeux, les racines et les développements. Un livre à mettre dans les mains des lycéens, étudiants et tout adulte qui réfléchit sur sa place dans la société.

http://lecalicot.fr/

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Titre : Croire ou pas aux complots ?
Auteur : Philippe Godart
Illustrations : Vincent Odin
Editeur : Le Calicot
Année de parution : 2 017

Et si on apprenait à réfléchir un peu plus loin que son écran ? C’est l’invitation que lance au hasard des lecteurs et des rencontres ce petit livre jaune.
Quand il est si facile de cliquer sur une icône ou de partager un écran, qu’est-ce qui nous empêche de prendre un peu de recul ? Un peu d’altitude ? De mettre en doute les affirmations présentées comme vérités vraies ? De chercher des preuves ?
L’école a le devoir de former des citoyens penseurs et non pensés, un petit livre à présenter en lecture dès le collège, dès le lycée et au-delà bien sûr. Histoire de réveiller les esprits.

http://lecalicot.fr/croire-aux-complots/

Romans

Titre : les disparus du phare
Auteur : Peter May
Editeur : éditions du Rouergue
Année de parution : 2 016

Une histoire en Ecosse. Lochs, iles, rivages, grands espaces, solitude et whisky… J’aime déjà. Un homme sort de l’océan… Une vieille dame, un couple curieux, un homme à jumelles et en ville ce qui reste d’une famille, une adolescente…
On lit, on se demande, on s’interroge : où l’auteur veut-il nous mener ? Et puis on rencontre un rucher caché, les abeilles et voilà que ces abeilles, dont la disparition menace l’espèce humaine, deviennent bien malgré elles, les personnages centraux du récit.
Je n’en dirai pas plus sur ce roman qui interroge notre société, son rapport à la planète et à l’argent, qui questionne l’identité humaine aussi.

https://www.lerouergue.com/catalogue/les-disparus-du-phare

Troisième livre que je lis de cet auteur, et une fois de plus un grand plaisir de lecture.
Les précédents :
L’île des chasseurs d’oiseaux
L’homme de Lewis

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com