PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

lectures mars 19

lectures Mars 2 019
www.patrick-joquel.com

Poésie

Titre : Je ne t’écrirai plus…
Auteur : Cathy Ko
Illustrateur :Geneviève Genicot
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2 018

Ce guide de survie de rupture amoureuse comme l’annonce la page de garde se déroule en trois chapitres :Tuer la victime qui est en toi, Tuer le juge qui est en toi, Ta valeur correspond à l’amour que tu donnes. Et bien sûr, comme les trois mousquetaires, un 4e chapitre est à écrire…
C’est joyeux, dynamique et plein de bons conseils. Prononcés avec humour et bienveillance. On est pris dans ce parti pris de prendre la vie du bon côté, de se réjouir de tout car tout est source d’apprentissage et d’avancée.
Des poèmes pour garder le bon chemin, le bon cap : celui résolument d’aller de l’avant et de s’en donner les moyens.
Le poème, une de ses voix, est celle de la thérapie : écrire fait du bien, voire soigne et ouvre la voie aux guérisons de l’âme. On est là, dans cette veine poétique, mais loin d’être sentencieuse, elle propose une humanité. Des poèmes comme de petites sources discrètes entre les pierres, pour se réjouir l’œil, le cœur et le corps. Lumière.
Un petit livre pour croire en la vie.
*
Titre : Mes premières comptines
Auteur : anthologie par Béatrice Libert
Illustrateur :Luce Guilbaud
Editeur : couleur livres
Année de parution : 2 019

superbe petit carré à offrir à tous. Aussi bien les parents de jeunes enfants que les enseignants de maternelle et de primaire. Car ne l’oublions pas : cantonner là comptine aux tout petits c’est méconnaitre sa richesse.
On retrouve ici Jacqueline Held, Jean-Claude Touzeil,Marc Baron, Alain Boudet, Michel Cosem, Luce Guilbaud et j’en oubie…
Les images de Luce Guilbaud en noir et blanc ouvrent un peu plus l’imaginaire et on s’engouffre dans cet état de musement propre au poème.

Dors, mon tout petit.
Au bout de tes doigts
Sont dix coquillages
Posés près de moi
Sur le bord du drap.

Dors, mon poisson d’or.
Dors, mon vif-argent.
Ta main gauche est d’or.
Ta droite est d’argent.

Un jour tu seras grand.
Un jour je serai vieille.
Dors, prends tout ton temps
Pendant que je veille.
Jacqueline Held

Dans le bus
En passant
Anubis
Crut bien voir
Un ibis
Qui croquait
un biscuit
En haut d’un
hibiscus

C’est pas sûr

Jean-Claude Touzeil
un tour de plus, Donner à voir
*
Titre : Faut bien manger
Auteur : Emmanuel Campo
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 019

Emmanuel Campo, second livre à la Boucherie Littéraire (le précédent : Maison Poésies domestiques) et tout aussi surprenant. Un livre plein de surprises, de vitalité, de rebonds. Un livre joyeux. Des poèmes à dire à haute voix, normal pour un auteur qui aime la scène. J’espère bien le voir et l’entendre un de ces jours d’ailleurs…
On est à Lyon dans ce livre et la ville vit sa vie de ville tandis que je
retourne à mon travail
qui sans effort
s’abat sur moi

Dans ce lieu de travail on croise des cadres, jeunes et dynamiques, bien affutés pour défendre leur beefsteak même au détriment des autres ou d’eux-mêmes. Des cadres bien en corps et tout en harmonie avec leurs besoins vitaux. Des travailleurs en prise aux soucis quotidiens : transport, trajet, chronomètre et la peur de manquer d’argent…
Et alors ? Tu mangeras des pâtes. C’est bon les pâtes !

et on y croise l’artiste, le poète. Un être moqueur. Moqueur de lui-même, moqueur des autres et du système qui les met en scène, souvent de maigres publics…
Un livre salutaire, qui claque au vent et qui ouvre de nouveaux chemins à cette exploratrice du langage et de l’humain qu’est la poésie.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/faut-bien-manger-d-emanuel-campo-extraits-a159331374

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Titre : Entre les braises
Auteur : Roselyne Sibille
Editeur : La Boucherie littéraire
Année de parution : 2 019

Un livre à lire à haute voix. Pas trop haute la voix. Plutôt un chuchotement. Cette intensité des soirées autour du feu, sans autre lumière ou à peine. Ces moments partagés, intimes où l’on se sent moins seul. Un peu plus au monde.
La solitude, ici, c’est celle de la mère confrontée à la perte d’un fils. L’intimité, c’est celle de son cheminement que l’écriture nous offre. Ses mots pour dire. Pour se dire. Pour continuer à vivre. Pour se remettre au monde sans rien oublier.
L’écriture ici parle au papier. Cette voix, le lecteur l’écoute, l’habite avec ses propres histoires de perte, résonne avec. Avance avec.

Ta vie qui a traversé la mienne comme une comète, me laisse tant de lumière que je pourrai avancer dans le noir de ton absence.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/entre-les-braises-de-roselyne-sibille-a149964794

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com