PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

lectures octobre17

Lectures d’automne
www.patrick-joquel.com

romans
Titre : Le vertige des funambules
Auteur : Eric Sanvoisin
Editeur : Calicot
Année de parution : 2 017

5 textes courts. Prenants. Poignants. D’actualité. Le premier met en scène les algues vertes sur les plages bretonnes, le deuxième et le quatrième abordent le handicap aussi bien pour l’enfant concerné que ses parents, ses copains et le ballon de foot. Le troisième, les familles séparées, recomposées et l’impossible désir d’un Noël quotidien. Le dernier les défenseurs des arbres et des forêts ancestrales face aux constructeurs de routes économiques modernes.
Des textes forts. L’idéal pour des élèves de cycle 3 et de collège pour découvrir à la fois un auteur engagé et les réflexions que sa lecture peut générer en débat de classe ; pour des achats classe le prix est bien adapté : 7.50€. Idéal aussi pour un cadeau, histoire de donner autre chose que de la bouillie médiatico-culturelle qui fleurit sur les écrans et dans certaines éditions de presse ou de livres.
Une nouvelle maison d’édition qui s’engage. A soutenir sans modération.

https://i0.wp.com/lecalicot.fr/wp-content/uploads/2017/03/Le-vertige-des-funambules-couverture-entier.jpg

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Titre : L’enfant dragon
Auteur : Eric Sanvoisin
Illustrations : jérémie Fleury
Editeur : Auzou
3 petits tomes et puis ne s’en vont pas. On sort de cette lecture, un court récit disponibles pour les jeunes lecteurs qui aiment les dragons, avec un sourire de feu et plein d’interrogations. C’est comme ça que j’aime lire avec les dragons (j’aime les dragons ça peut jouer sur mon objectivité).
Un récit, une aventure : celle de cet enfant dragon Ervaël. Son amie/ennemie Léna. Et quelques autres personnages aux alentours. Tous bien campés, bien ancrés. On l’a compris : de l’épaisseur dans ces petits ouvrages.
C’est court. C’est simple. D’accord. Cependant quelques themes sont abordés en cours de route et pas des moindres : la difference par exemple et son ombre qu’on pourrait appeler racism ou haine. La recherche de son identité. Le devoir de fidélité… à qui et jusqu’où ? L’amitié. La transmission.
Bref, il y a de quoi réfléchir si d’aventure on se prête au jeu. Lire, c’est ouvrir des horizons : du rêve mais aussi de la réflexion. Lire c’est aussi élargir son savoir être au monde.
Cet enfant dragon y est bien présent et nous invite à le suivre dans cette présence.

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Titre : la 2cv, la nuit
Auteur : François Place
Editeur : les éditions du Sonneur
Année de parution : 2 017

Dans cette 2cv, François Place nous offre quelques morceaux choisis de son enfance. Des étés de son enfance pour être exact. Quand la famille quittait la banlieue parisienne pour retrouver le pays de sa mère, à 500km de distance et à bord de la 2cv.
Des mois d’été avec les blés, les vaches… La grand-mère qui le trouve bien rêveur ce garçon là… Les tontons, tatas…
Plein de souvenirs, d’émotions. On est alors dans les années 60, celles des bouleversements. La fin d’un monde, d’une manière de vivre à la campagne. Tout change, tout a changé. François Place nous permet de retrouver cette nostalgie, d’en garder le souvenir.
Un livre bien chaud au cœur.

http://www.editionsdusonneur.com/livre/2cv-nuit-francois-place/

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Albums
Titre : Miss Ming
Auteur : Valérie Dumas
Illustrations : Jean-Pierre Blanpain
Editeur : Hongfei
Année de parution : 2 017

D’abord saisi par les images et leurs couleurs. Une palette très vive, pleine de détails sur un papier blanc et des fonds en paysages noirs pinceau. Ça surprend. Ça prend. Ça envoute et on est parti. Comme à dos de rêve.
On part sur le dos des mots. Une jeune fille. Une grand-mère. Absente. Reste la maison. Les objets. Le souvenir. Les souvenirs. Comme des songes. La jeune fille cherche et finit par retrouver un des cadeaux que lui avait offert Miss Ming, sa grand-mère. Le plus beau de tous. Le plus beau cadeau qu’on puisse offrir.
La magie peut ainsi poursuivre ses joies.
En dire plus serait ébrécher le livre et la saveur de le découvrir.

http://www.hongfei-cultures.com/catalogue/titres/miss-ming/

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Titre : De ce côté du monde
Auteur : Marie-Sabine Roger
Illustrations : Sylvie Serprix
Editeur : Casterman
Année de parution : 2 011
Encore un livre et une artiste découverts à Merlieux. Une réussite totale. Comment parler d’un livre qui est. Tout simplement. Evident. Equilibré. A découvrir de toute urgence quand on aime la vie et ses songes.
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Titre : Tour au bord
Auteur : Agnès de Lestrade
Illustrations : Valeria Docampo
Editeur : Alice
Année de parution : 2 014

J’ai été séduit par ce livre que j’ai découvert à Merlieux (25e fete du livre). Il aborde la poésie par la tangente. Un pari osé ; bien loin de la parallèle, de la perpendiculaire ou de la perte… tant de rivages à cette impalpable poésie. Là c’est sur le bord, tout au bord… ce petit saut, ce pas plus loin que j’aborde dans nombre de mes livres, histoire d’aller voir ailleurs si j’y suis, un peu plus loin que le bout de mon nez.
Inviter le lecteur à sortir du livre comme des autoroutes de la pensée, un pari osé, je l’ai déjà dit. osé, gagnant pour ma part.
Je conseille d’offrir ce livre à vos enfants, petits enfants et autres personnes chères car, c’est un des secrets de la poésie, oser prendre le risque du un peu à côté…
Les images de Valeria Docampo accompagnent avec grâce et lumière ces quelques mots. Le tout ouvre des horizons à parcourir…

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Poésie
Titre : D’ici
Auteur : Claude Held
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2 017

Claude Held est un guetteur, un observateur. Ces poèmes en témoignent avec cette tonalité de voix si particulière. Douce, fine et précise. Il se joue des mots autant que les mots se jouent de lui. Il se tient là, sur le seuil du monde et avec autant de froideur objective que d’humour bienveillant le croque en quelques lignes. De l’absurde, de l’humour et toujours en filigrane de l’essentiel humain.
Un recueil qui résiste un peu, prendre le temps de lire et relire. D’écouter cette ligne mélodique. De la laisser entrer et cheminer. Les lecteurs peu pressés par le verbe faire des touristes (j’ai fait Paris, j’ai fait Londres etc.) sauront apprécier ces vues D’ici.
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On tient

on tient à être là
là est une façon de parler
parler est plus facile à dire
qu’à faire
un mot nous touche parfois
comme une main
comme une lèvre
ça tient à nous
ça tient à un fil
on a du temps
sur le bout de la langue
le temps est une denrée
périssable
on essaie de durer
ça laisse un goût
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Parallèle
Les enfants parfois
font le mort
les insectes aussi
le jeu consiste
à rester longtemps
sans bouger
si l’on chatouille
le corps
avec une brindille
l’insecte demeure
impassible
l’enfant non
la brindille
naturellement
n’a aucune opinion
elle ne saura jamais
imiter la mort
*
une langue de terre
ne parle pas
une langue de bois
si
*

Environs

de petites maisons ouvrières
avec leurs jardins grillagés
des personnes dehors
parlent d’une autre personne
absente
pour cause de mort naturelle
les voix
emplies de buée
ne portent jamais
au-delà de la quatre voies
où ça roule
sans répit
dans les deux sens
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