PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

Maisons bleues

Extraits :

Maisons amoureuses

Temps espace et tapis bleus

Où nous portez-vous ?

Je connais des maisons dont la fierté cache de profondes incertitudes. Elles sont frontières et se dressent, funambules de pierres, aux portes des villages. Sous leurs airs sévères, leurs désirs hésitent et se balancent.

La nuit, elles interrogent la voie lactée : « Devons-nous guetter les orages, ou bien garder le secret des fontaines ? Ouvrir l’horizon ou, au contraire, le clore à deux battants ?

Résister au vent bleu ?

Le suivre ? »

Maisons sentinelles

Sur les remparts de l’histoire

Qui protégez-vous ?

Je connais des maisons que l’architecte a répété à des centaines d’exemplaires.

« Sans doute bégayait-il… s’excusent-elles devant le regard des passants. Sans doute croyait-il créer ainsi des rues sans surprise, pour des individus répétitifs ? »

Comme il se trompait !

Il suffit au voyageur de passer la porte pour découvrir l’âme de chaque coquille. Et de foyer en foyer, malgré la similitude des espaces, il apprend à chaque fois une nouvelle géographie, un nouveau langage, une variation du bleu.

Même à des milliards d’exemplaires, l’aventure humaine reste et demeure individuelle.

Une note de lecture :

L’une est aux dessins, l’autre aux textes. Les dessins sont graciles et font penser à ceux de même éthérés de Jean-Michel Folon. Les textes vont dans le même sens, investissant un domaine abstrait, utopique, où la poésie serait reine et nimberait chaque centimètre de page de son encre bienfaitrice. Il y a un penchant vers l’élévation, la sublimation, les maisons bleues tendent vers les oiseaux, elles-mêmes complexées d’Icare. On imagine une ville en plein ciel avec des étangs de nuages et des anges blancs dans les jardins cherchant à prendre aussi leur envol vers un paradis sur terre.

Jacmo – Décharge n° 136 – Décembre 2007

Le mot d’Alain Boudet, la toile de l’un :

En 20 tableaux, Nathalie de Lauradour nous fait voyager en
compagnie d’une maison haute au toit bleu. Nous traversons l’hiver, suivons les
rêves de cette maison particulière qui se déguise en phare, s’attiffe de nids de
cigognes, de plantes grimpantes ou d’oiseaux, tient compagnie aux arbres, ose
même une incursion en ville. Patrick Joquel accompagne chaque dessin d’un haïku
et d’une petite prose qui fonctionne un peu comme une clé. Ces textes ont en
commun de commencer tous par « Je connais des maisons… ». Un jeu fécond.
(Alain
Boudet)

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