Sur le bord de la mer rouge
Cet album s’inspire de quelques pages de Mes secrets de la mer Rouge, de Gisèle de Monfreid.
Extraits :
1
Tu vois cette petite valise, là ?
Dedans, il y a ma poupée. Toutes les deux, nous partons rejoindre mon père.
« L’Afrique, c’est loin, m’avait expliqué maman. On prendra un paquebot à Marseille. »
Un paquebot, c’est un grand bateau, immense. Le nôtre s’appelait le Lotus, c’était un géant !
2
Pendant la traversée, les dauphins sautaient le long de l’étrave…
Je restais des heures à les regarder bondir et plonger…
J’explorais aussi tous les étages du navire, de tout en bas jusqu’à tout en haut…
« Mais où étais-tu donc passée ? » grondait maman en me retrouvant au hasard d’un pont ; « Je joue à me perdre et à te retrouver, maman »…
Un jour, la mer se resserra en un long couloir bordé par les sables du désert. Le Lotus descendait le Canal de Suez qui relie la Méditerranée à la mer Rouge.
« C’est un français qui l’a creusé » m’apprit maman.
- Il devait être très fort ! ».
Plus tard j’aperçus ma première caravane. Je regardais ébahie les dromadaires s’éloigner jusqu’à devenir plus petits que des mouches… Puis le désert les avalât comme un ogre…
3
Le Canal s’élargit soudain : le Lotus entrait dans la Mer Rouge !
Sous un ciel enflammé le navire longeait la côte Africaine… Il jeta l’ancre en rade de Djibouti. Pour ma mère et moi, le voyage s’arrêtait là ; pour le Lotus, il continuerait jusqu’en Chine…
Djibouti, ne ressemblait pas à Marseille. Pas de quai. Pas de grues. Des barques venaient chercher marchandises et voyageurs pour les amener à terre.
Passer d’un paquebot à une barque… J’avais un peu peur de tomber à l’eau : je ne savais pas nager !
