PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

Tant de secrets se cachent alentour

Bijoutier

de son métier

un fier aiglon

du vieux Nice

avalait

les soirs de noce

une couleuvre à collier

Il en croqua tellement

qu’il se changea

en serpent

*2

Un beau soir de juillet

un silencieux brochet

de son métier lassé

raccrocha son dentier

Devenu non violent

il partit au Tibet

se nourrir de sorbet

A l’automne suivant

il revint en volant

pour ouvrir un glacier

sur un fond de graviers

*3

Quel sorcier a murmuré ton nom

pour que soudain tu apparaisses

Chauve-souris d’avril

Où accroches-tu tes jours

?

Dans quelle haie

dans quel obscur trou noir

?

Tant de secrets se cachent alentour

*4

Tête à l’envers

trapèze

Tête à l’endroit

balançoire

On se balance

avec les vagues

On se promène

en plein ciel

Sous le soleil

le monde est jaune

Et la quatrième de couverture :

Des poèmes dont les héros sont des animaux, mais il existe des exceptions comme le hibou qui sait si bien cligner de l’œil. De l’aigle au lézard, ils se sont bien rangés dans l’ordre alphabétique. Si certains sont bien visibles entre les lettres, d’autres se camouflent sous les mots. La rime, petite mouche, joue son vol. S’absente parfois. Pourquoi ? Où va-t-elle ? Et que devient-elle ?

Le poème est-il toujours aussi simple qu’il en a l’air ?

le mot d’Alain Boudet ; la toile de l’un.

« Tant de secrets se cachent alentour » nous dit Patrick Joquel dans l’un des textes de ce
recueil déjanté qui se présente comme un bestiaire décalé. L’écriture engendre
souvent sa propre loufoquerie (tiens, un loup, un phoque …) et l’on ne
cherchera nulle autre part que dans ce livre les animaux de ce zoo-là. Les
dessins de Johan Troïanowski épousent parfaitement l’esprit des textes, en les
revisitant.

 

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