Tant de secrets se cachent alentour
Bijoutier
de son métier
un fier aiglon
du vieux Nice
avalait
les soirs de noce
une couleuvre à collier
Il en croqua tellement
qu’il se changea
en serpent
*2
Un beau soir de juillet
un silencieux brochet
de son métier lassé
raccrocha son dentier
Devenu non violent
il partit au Tibet
se nourrir de sorbet
A l’automne suivant
il revint en volant
pour ouvrir un glacier
sur un fond de graviers
*3
Quel sorcier a murmuré ton nom
pour que soudain tu apparaisses
Chauve-souris d’avril
Où accroches-tu tes jours
?
Dans quelle haie
dans quel obscur trou noir
?
Tant de secrets se cachent alentour
*4
Tête à l’envers
trapèze
Tête à l’endroit
balançoire
On se balance
avec les vagues
On se promène
en plein ciel
Sous le soleil
le monde est jaune
Et la quatrième de couverture :
Des poèmes dont les héros sont des animaux, mais il existe des exceptions comme le hibou qui sait si bien cligner de l’œil. De l’aigle au lézard, ils se sont bien rangés dans l’ordre alphabétique. Si certains sont bien visibles entre les lettres, d’autres se camouflent sous les mots. La rime, petite mouche, joue son vol. S’absente parfois. Pourquoi ? Où va-t-elle ? Et que devient-elle ?
Le poème est-il toujours aussi simple qu’il en a l’air ?
le mot d’Alain Boudet ; la toile de l’un.
recueil déjanté qui se présente comme un bestiaire décalé. L’écriture engendre
souvent sa propre loufoquerie (tiens, un loup, un phoque …) et l’on ne
cherchera nulle autre part que dans ce livre les animaux de ce zoo-là. Les
dessins de Johan Troïanowski épousent parfaitement l’esprit des textes, en les
revisitant.
