PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

Mouans-Sartoux

Nuit de la lecture, à la Strada, Médiathèque de Mouans-Sartoux 06
janvier 2 020

Un atelier d’écriture lycée et au-delà, avec Boris Vian (centenaire)

voici les « déclencheurs possibles » que j’ai choisi :
Boris Vian

*
L’écume des jours

Deux jeunes filles passèrent près de lui et pénétrèrent dans le vestibule de l’immeuble.
Son cœur enfla démesurément, s’allégea, le souleva de terre et il entra à leur suite.

*
Boîte que l’on exploite
Boîte large ou étroite
Et qui s’emboîte ou se déboîte
Boîte que l’on convoite
Boîte à gauche ou à droite
Garnie de sciure ou d’ouate…
Cantilènes en gelée

*
Alors moi qu’est-ce qui me reste
Ils ont pris tous les mots commodes
Les beaux mots à faire du verbe
Les écumants, les chauds, les gros
Les cieux, les astres, les lanternes

Cantilènes en gelée

Je veux une vie en forme d’arête
Sur une assiette bleue
Je veux une vie en forme de chose
Au fond d’un machin tout seul
Je veux une vie en forme de sable dans des mains
En forme de pain vert ou de cruche
En forme de savate molle
En forme de faridondaine
De ramoneur ou de lilas
De terre pleine de cailloux
De coiffeur sauvage ou d’édredon fou
Je veux une vie en forme de toi
Et je l’ai, mais ça ne me suffit pas encore
Je ne suis jamais content.

Cantilènes en gelée

*
Les souris de la cuisine aimaient danser au son des chocs des rayons de soleil sur les robinets…

L’Ecume des jours (1947)
*

Je voudrais pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique qui dorment sans rêver les singes à cul nu dévoreurs de tropiques les araignées d’argent au nid truffé de bulles.

Je voudrais pas crever (1962)

*
Je notai que cinq bouteilles se trouvaient en voie de disparition.
J’irai cracher sur vos tombes (1946) (sous le pseudonyme de Vernon Sullivan)

*
Quand on ne sait rien, on peut tout de même trouver des choses, avec de l’imagination.

Les morts ont tous la même peau (1947)

*
- Vous n’êtes pas payé pour flemmarder.

- Je ne flemmarde pas, Monsieur, je reprends le souffle.
L’Automne à Pékin (1947)
*

Personne ne me connaissait à Buckton.

J’irai cracher sur vos tombes

*
Il n’y avait pas beaucoup de clients, ce soir, et l’orchestre jouait mou, comme toujours dans ce cas-là.

Les morts ont tous la même peau.

*
Prendre un cooup sur la tête, ce n’est rien.

Et on tuera tous les affreux

*
et un atelier d’écriture tout public à partir de six ans,
la rime bonsoir
joue au tableau noir

« déclencheur »
Luc BÉRIMONT
Comptines pour les enfants d’ici et les canards sauvages, Saint-Germain-des-Pré

Ma culotte de ficelle
C’est pour monter à l’échelle

Ma culotte en chocolat
C’est pour le Guatémala

Ma culotte en amadou
Pour aller au Mont Ventoux

Ma culotte de cerises
C’est pour aller à l’église

Mais ma culotte de laine
Je l’aurai pour mes étrennes.

*
Je donne pour Paris
un peu de tabac gris
Je donne pour Bruxelles
un peu de ficelle
Je donne pour London
un peu d’amidon
Je donne pour Genève
une poignée de fèves
Je donne pour Tokio
un guidon de vélo
Je donne pour Moscou
un petit sapajou

Je donne pour Madrid
un envol de perdrix
Je donne à Copenhague
la mer avec ses vagues
Je donne à Washington
tontaine et puis tonton

Luc Bérimont
Comptines pour les enfants d’ici et les canards sauvage
Librairie st Germain des prés
*
Pomme et poire
Dans l’armoire

Fraise et noix
Dans le bois

Sucre et pain
Dans ma main

Plume et colle
Dans l’école

Et le faiseur de bêtises
Bien au chaud dans ma chemise

Luc Bérimont
Comptines pour les enfants d’ici et les canards sauvages
Librairie st Germain des prés

Jacqueline et Claude Held
Un ridicule éléphant
L’épi de seigle

Pour compter dans la rue

Un, deux, trois…
Feux verts devant moi.

A pas d’auto
Tu viens trop tôt.

A pas de bus…
Tu as des puces !

A pas d’piéton…
J’aurai tes pions !

A pas de grue…
Ton nez remue ?

A pas de grue…
Tu as perdu !
*

Dans l’armoire de ma grand-mère
Il y a quatre étagères.

La première est pour les souris :
Elles y élèvent leurs petits.

La seconde est aux araignées
Pour qu’elles y dansent la bourrée.

La troisième est pour les serpents :
Ils écoutent pousser les dents.

La quatrième est pour les vers :
Ils habitent dans les cuillers.

Il y a quatre étagères
Dans l’armoire de ma grand’mère.

JACQUELINE ET CLAUDE HELD
Le ridicule éléphant, éditions de l’épi de seigle

*
Chat persan :
Porte gants !

Chat moqueur ;
Porte fleurs :

Chat de jour :
Porte amour !

Chat de nuit :
Porte appui !

Chat d’ivoire :
Porte espoir !

Chat d’enfance !
Porte chance !

Chat siamois :
Porte joie !

Petit fauve, ma fauvette,
Demain nous ferons la fête.

Jacqueline Held
Un militaire sur une pomme de terre
Gros textes