PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

enfants de Syrie

Pour accompagner des tableaux de Nathalie Novi
©Nathalie Novi/Patrick Joquel


Tu t’en vas si loin
Les ombres de ton sourire
jouent sur le chemin


Tu vis sous l’orage
et tu voudrais échapper
à tous ses éclairs

*


Les jeux de l’enfance
ont parfois les yeux bien secs
Ligne de fracture

*

L’envol d’un oiseau
Tes yeux traversent le vide
pour une autre enfance

We have a dream
Le chant de nos libertés
l’écrire au pin d’alep
*

Un désir de chant
couve à l’intérieur de soi
Léger funambule

*

Tu vois des avions
rayer le ciel de leurs bombes
Tu ne comprends pas
*

Tu veux déplier
ta vie de papier froissé
dans un pays calme

*

Tu rêves d’envol
d’échapper à ton quartier
d’espace et d’air pur

*

Tu entends les grands
parler de bombes et de gaz
Tu ne peux rien faire

*

Tu dévisages
le silence comme un arbre
le futur comme un fruit

*

Tu apprends la perte
à ton école des ruines
Si léger sourire

*

Ton regard silence
et interroge inlassable
Où est mon présent ?

*

Rien sauf le silence
regarder devant ? dedans ?
Un monde en gravats

*

Quelle orientation
donner à notre futur ?
Présent éclaté
©Nathalie Novi/Patrick Joquel

*

Pourras-tu grandir
t’épanouir au soleil
petit myosotis
?

*

Perdu dans les ombres
tu ne joues plus aux lampions
tu vis à tâtons

*

Tu ne comprends rien
et moi tout m’échappe aussi
Reste la tristesse

*

Nous nous regardons
sans autre mot que nos yeux
Dehors la pluie meurt

*

La pression d’un doigt
nous ramène au monde ancien
C’est ça ? Être humain ?

*

La foudre vient frapper.
Comment crier ta colère ?
Tu te sens si seul !

*

Jardins et forêts
tu en sèmes les graines
parmi les gravats

*

Il guette un pays
libre paisible et joyeux
Il voudrait jouer

*

Face à la terreur
on ose un air de musique
on ose être humain

*

Écrire en silence
dernier espace où le rêve
te conjugue libre

*
Devenir forêt
créatrice d’un silence
aux mille couleurs

/>

*

Derrière la grille
quel futur cadenassé
t’espère ou t’attend ?

*

De l’autre côté
nos couleurs et quelques mots
Nos regards se croisent

*

Dans ton sac à dos
quel présent emportes-tu ?
Jusqu’où iras-tu ?

*

Dans l’indifférence
ils voudraient un autre jeu
qu’un deux trois terreur
*

Croiser ton regard
frissonne tous les silences
Quelques mots si peu
*

Comment libérer
ton esprit de ces jours morts ?
Où est l’horizon ?
*

Cette ombre fragile
tu crains souvent de la perdre
Aujourd’hui la vie
*

Changer d’horizon
à chaque nouvelle page
Le livre un envol

*
commentaires de lecteurs :
Merci pour ces pistes, et surtout pour ce travail avec Nathalie Novi. Nous la connaissons bien ici, elle vient de temps en temps nous rendre visite et nous partageons toujours beaucoup d’émotion. En l’occurrence, c’est superbe et bouleversant. Tu as trouvé juste les mots qu’il fallait pour ne pas empiéter sur les images déjà fortes, et puis ça fait du bien de lire des messages bienveillants. Je n’en peux plus des commentaires devenus banals sur le « coût » et les « problèmes » que posent les demandeurs d’asile … à vous deux, vous faites comme le colibri pour éteindre l’incendie : « votre part », tout simplement, et si chacun faisait la sienne, nous n’en serions pas là … Bref … Bon dimanche ! Je crois que je vais partager cette page avec quelques personnes …
Marie-Ange Guiseppi

je feuillette avec émotions
livre d’images
tes poèmes tes photos
et les illustrations de Nathalie Novi.
J’ai acheté ses livres à la bibliothèque de Chatenoy.
Les faire découvrir aux enfants était un bonheur.
Colette Andriot

*

Yves Sok des éditions Fatrasies : Je suis allé lire sur ton site les poèmes en lien avec la Syrie et illustrés. C’est un thème qui mérite d’être abordé tant que le conflit n’est pas résolu je pense.

L’esthétique à la fois des poèmes et des illustrations ne sont pas « Fatrasies », cependant à titre personnel j’ai apprécié et savouré, que ce soient les poèmes ou encore les illustrations.
*
Mariem : J’ai senti dès les premiers mots, les premièrs images, toute la sincérité et l’émotion qui étaient posées là. ça m’a bouleversée.
Claude Held :
enfants de syrie
dont le regard nous attache, nous retient -
poids des mots apparemment légers
posés image après image
dans un dialogue qui nous invite
à une quête de la pureté

Agnès
MAGNIFIQUE !!!! très émouvant, bravo pour le texte !, les expressions des enfants sont impressionnantes !