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lectures novembre 21

Lecture de mai 2022
Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

poésie
Titre : Tant que chantent les merles
Auteur : Colette Andriot
Illustrations : Valérie Linder
Éditeur : L’Atelier des Noyers
Année de parution : 2 022
14€
Colette Andriot nous invite à passer un moment dans son jardin. Un jardin de ville. On s’y promène au milieu des fleurs, des arbres, des herbes folles. On y rencontre des oiseaux, des escargots, des lombrics. Du silence aussi. Des couleurs, des parfums.
Un voyage minuscule et quotidien : la vie tout simplement. La vie d’une planète, à hauteur de jardin. Un jardin de ville. Le tout petit rejoint l’immense. Rejoint aussi l’actualité : tout n’est pas aussi paisible que ce jardin en ce monde et l’autrice en est consciente. Consciente aussi des luttes pour vivre à hauteur de végétaux, d’animaux.
Rien n’est aussi simple qu’on croit le voir ; même le poème. Même ce livre. Y entrer, c’est entrer dans l’univers.
Les illustrations de Valérie Linder sont joyeuses et colorées. Elles incitent à la contemplation ; comme si on y était dans ce jardin.
Un beau livre à mettre dans toutes les mains et sans modération.
Un jour on quitte
son jardin devenu trop petit
pour aller visiter le monde
cependant
on l’emporte pour
toujours
dans ses bagages.

https://www.atelierdesnoyers.fr/

*
Titre : La maison, le jardin et le rêve
Auteur : Paul Bergèse
Illustrations : Solange Guégeais
Éditeur : Voix Tissées
Année de parution : 2 022
15€
Le quinzième album carré de Voix Tissées, collection AAA. Une merveille de douceur et de couleurs. Les pages nous permettent d’entrer dans un jardin. De s’y promener. D’y rêver.
Bien sûr il y a la maison. Une de ses maisons à parfum de nostalgie d’enfance. La maison du bonheur innocent. Et le jardin. Immense. Mystérieux. Toujours pareil et jamais identique. Les jeux. Les oiseaux. Les fleurs. Les insectes. Les cachettes. Le fil des jours heureux. Des jours colorés.
Des poèmes pour embaumer l’esprit du lecteur.
On est bien dans ce livre et les illustrations donnent une part colorée aux rêves de lectures.
Une réussite.
À mettre dans les écoles dès la maternelle et bien au-delà bien sûr.

*
Titre : L’âcreté du kaki
Auteur : Gorguine Valougeorgis
illustrations : SIXN
Éditeur : Mars-A
Année de parution : 2 022
15€
première partie de ce livre : L’âcreté du kaki
Il y a la vie de tous les jours. Les mots de tous les jours. Les rues de tous les jours, comme celle qui mène à l’école. Les arbres de tous les jours, comme le kaki de la rue qui mène à l’école. Les fruits de saison, comme le kaki que l’on cueille et offre à sa petite sœur. Le kaki qu’on aspire et dont le jus dégouline au menton.
Rien n’est plus beau que les secondes…
qui font du kaki rond un jus
coulant son son menton que sèche son rire
La vie de tous les jours.
Et puis il y a la terreur.
Le ciel a
tous les cerfs-volants
avalés
plus un rêve ne vole dehors
il y a l’enfer maintenant

Le désir de partir pour survivre. Le départ.
Une frontière comme une ligne
une corde à sauter
L’exil. La vie d’un migrant comme on dit. La vie de tous les jours d’un migrant. Une vie à traverser les mers. Les pays. Les gens. Ceux qui te voient. Ceux qui ne te voient pas. Ceux qui te sourient et ceux qui ne te sourient pas.
La vie de tous les jours d’un jeune migrant vendeur à la sauvette de cigarettes place de la Chapelle à Paris
… cet œil adolescent
qui vient à peine d’éclore
mais qui
n’a déjà plus rien dedans
même plus une larme
où se baigner…

…il passe sa vie
à passer
d’un pays à l’autre
d’un trottoir à l’autre
d’un quartier à l’autre
d’un papier à l’autre
d’un rejet à l’autre
d’un boulot à l’autre
d’une pelle à l’autre
d’un balai à l’autre
sans qu’on le voie

voilà des mots pour accompagner le cheminement d’un adolescent migrant ou d’un migrant adolescent, on ne sait plus trop dans quel sens mettre les mots. Le cheminement d’un être humain. Des mots partagés lors de rencontres entre l’auteur et le jeune homme. Des mots à partager à notre tour. Des mots pour apprendre à voir aussi.
Deuxième partie : Reflet rouge
l’auteur, issue lui-même et comme tant d’entre nous, d’un voyage, d’un exil, d’une migration : parents, grands-parents… s’interroge à son tour sur sa présence ici. Comme beaucoup d’entre nous. À partir de combien de générations est-on d’ici ? Avec quel service rendu à cet ici qui pourrait être ailleurs ?
Qu’est-ce qu’on a perdu (sans le savoir vraiment puisque cette perte vient d’avant soi) ?
Gorguine Valougeorgis semble nous dire à travers ses textes que le langage avec ses langues multiples est une clef pour dire son identité. Une car il en existe plusieurs, comme celle qui permet de s’ouvrir à l’autre, de l’accueillir et de cheminer avec lui. Et tant d’autres à découvrir…
les encres et aquarelles de SIXN vibrent en silence avec les poèmes. On reste à les contempler en attendant résonner les mots du poème.
Un livre dense à offrir, à partager et à donner à lire dès le collège.

http://revue-a.fr/

*
Titre : Une traversée de soi
Auteur : Chantal Couliou
Éditeur : Les Éditions Sauvages
Année de parution : 2 022
Une recueil de poèmes confinés. Périodes que nous avons tous traversés, chacun à notre manière. Pour Chantal Couliou, ce fut avec les mots (stylo, crayon ou clavier, peu importe). Elle n’est pas la seule poète à avoir exploré ainsi cette traversée. D’autres livres sont écrits et ont déjà été ou seront publiés autour de ces moments.
Des poèmes écrits derrière la fenêtre, alors qu’il fait si bleu dehors… Et le bleu en Bretagne…
des poèmes qui s’interrogent sur la fuite des jours. Sur la fragilité de la vie, de sa vie. Des poèmes qui cherchent l’espérance.
Inventer
une nouvelle cartographie
de la terre
pour se frotter au monde.

Pourquoi
ce besoin de bouger,
ce besoin d’échapper au quotidien,
ce besoin d’explorer l’inconnu, ce besoin de lever l’ancre ?

Cet appel de l’inattendu,
de nouvelles destinations.
Insatiable désir.

Toujours en quête
d’un ailleurs-
indéfinissable.

On repasse
toujours aux mêmes endroits
dans les mêmes traces-
en boucle.

Relié à l’autre,
aux autres
par des fils invisibles
dans l’espace,
dans le temps.

Ce recueil a obtenu le prix Paul-Quéré 2021-2022

https://editionssauvages.monsite-orange.fr/index.html

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Titre : Prends ces mots pour tenir
Auteur : Julien Bucci
Éditeur : La Boucherie littéraire
Année de parution : 2 022
9€

Un petit livre de poèmes pour accompagner les derniers mois d’une mère. Comment se tenir face à ce bientôt l’absence, ce bientôt vide ? Face à la douleur de l’autre ? Cette douleur physique qui prend le dessus sur tout le reste ? Cette tristesse infinie ?
La maman, dit Julien Bucci, se récite des poèmes. Des poèmes appris par coeur, pour atténuer sa douleur.
les mots mantras
s’approchent de ton chevet
ils viennent en nombre
te rassurer

ces mots
tu les tenais
les retenais par cœur
au fond ces mots c’était
déjà
de quoi tenir
On est tous confronté plus ou moins tôt, plus ou moins souvent à ce rendez-vous avec la mort. Le vide. L’absence. Avec cette interrogation sur la vie ? Les poèmes suivent ces points d’interrogation.
Les mots qu’on partage, aussi simples soient-ils, permettent de garder le lien entre celui qui reste et cette qui s’en va. Le langage et la pensée façonnent notre humanité. Quand disparaît toute parole, la vie disparaît aussi.
La solitude cependant n’est jamais totale, même au fin fond de la douleur
tu n’es pas seule
au fond
tu es reliée
à ton cœur qui palpite
aux artères qui irriguent ton corps
reliée
tu l’es
à ton histoire
à celles et ceux qui étaient là
avant toi et pour toi
tu es reliée aussi à celles et ceux
qui vont te suivre et seront là
pour dérouler ce fil
sans fin
tu es reliée
à tous les mots que tu as prononcés
à toutes les caresses que tu as reçues et
toutes celles qu tu as offertes
à un père et une mère
qui t’ont invité à venir
au monde
tu es reliée
à tes émotions
à ton corps
qui frissonne
à ce corps qui te parle
tu es reliée
à ces mots mêmes
qui me relient
en ce moment
à toi
tout est relié
ici et maintenant
tu es reliée
comme une part du monde
une part du tout dans le tout
tu es là
toi reliée
à tout

http://ekladata.com/-ndrEpdHvC9YZeDWBEvxTH7DbHU.jpg

*
revue

Titre : Gustave 2
Auteur : revue
Éditeur : LE CENTRE DE CRÉATIONS POUR L’ENFANCE DE TINQUEUX
www.danslalune.org

Année de parution : mai 2022
Un second numéro que l’on peut lire sur écran ou que l’on peut imprimer. Huit pages, 5 poèmes, 5 poètes et une règle de jeu d’écriture proposée par Bernard Friot.
Les cinq poètes : Chiara Carminati, Mélanie Leblanc, Sandra Lillo, Charles Pennequin,Thierry Renard.
Des poèmes à partager en classe, avec les amis, en bcd ou cdi, médiathèque. Lire ou écouter un poème par jour au minimum est bon pour la santé mentale, le moral et la vie, une petite revue supplémentaire permet ainsi d’augmenter même discrètement la présence du poème au quotidien. À chacun de la donner à d’autres comme une chaîne d’amitié.
l’abonnement est gratuit sur le site www.gustavejunior.com
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Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com
Titre : Collectif POÉTISTHME

https://poetisthme.cargo.site/

Année de parution : 2 022
Un numéro spécial consacré aux violences des guerres. Des poèmes, des images. L’art comme témoin, comme solidarité, comme partage, comme désir d’humanité. Pour aller un peu plus loin, un peu plus haut.
Un numéro spécial à donner à lire, à partager.
Ce sont ces petits signes d’humanité qui portent et accompagnent l’humanité vers un horizon un peu plus humain.
*

Aujourd’hui c’est mon jour de service…
Aujourd’hui c’est mon jour de service,
je veille sur notre champs
dont la terre réchauffée sourit au printemps,
au-dessus de moi des avions volent comme des oiseaux de fer,
je les observe
pour voir si c’est l’ennemi et si des visiteurs importuns avec leurs parachutes
n’arrivent pas,
mon chien est avec moi,
j’appelle ma femme
pour demander comment elles vont, elle et notre fille,
elle me répond qu’elles sont dans un abri anti-aérien,
qu’elles attendent que l’alerte soit finie
et je pense que pour qu’il n’y ait pas de guerres,
il faut fabriquer non pas les balles,
mais les produits paisibles de la culture,
la poésie de l’évolution du bonheur général
est ma position principale,
c’est pourquoi je défends la construction de l’État
sur la base du bien poétique !
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Сьогодні моя доба чергування,
охороняю наше поле,
яке зігрітою ріллею посміхається весні,
наді мною залізними птахами пролітають літаки,
придивляюся чи не летить ворожий,
та чи не приземляються непрохані гості з парашутами,
зі-мною друг пес,
телефоную дружині,
питаю як вона там з дочкою,
відповідає що сидять в бомбосховищі,
чекають на відбій повітряної тривоги,
а взагалі, для того аби не було війн,
більше за кулі треба виготовляти
мирні продукти культури,
і поезія еволюції всещастя
є моя головна позиція,
тому захищаю конструкцію держави
в основному – добропоетичну!

mykola istyn
poèmes traduits de l’Ukrainien par ella yevtouchenko
mykola istyn a envoyé ses poèmes-témoignages depuis le front de l’Ouest Ukrainien. 

Collectif POÉTISTHME

https://poetisthme.cargo.site/

Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com

Patrick Joquel
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