lectures juin 2026
Lectures de juin 2026
Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com
des infos personnelles avec ma lettre de juillet : https://www.patrick-joquel.com/wp-content/uploads/2020/12/Lettre-info-de-juillet-2026.pdf
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Titre : Les vieilles
Auteur : Julie Gaucher
Éditeur : Nos accointances
Année de parution : 2029
Isbn : 9 782488 553087
prix : 13 €
Un poème « vieillesse ». Une nouvelle voie, voix, pour la poésie. Il y avait la poésie jeunesse, la poésie adulte et chacune avec toutes leurs variantes, voici des poèmes consacrés aux personnes âgées. Aux vieilles dames en particulier.
Des portraits d’anciennes. Avec leurs rides, leurs souvenirs, leurs vies… leur présent d’Ehpad… De silence. De solitude.
Dans notre société, on a tendance à les cacher ces vieilles. Il est bon de les voir ici à l’honneur. Rendues à leur dignité de femme. Tout simplement. Ça rassure et ça donne à voir. Ça interroge sur son propre regard sur la vieillesse. Sur ce moment qu’on rejoindra un de ces jours.
Un livre à donner à lire dès la fin du primaire et jusqu’au bout de la vie tant il est humain.
Banc public
Une vieille assise sur un banc
prend la poussière
Elle était là hier
Elle sera là demain
Elle attend les bousculades des enfants
les foulées du joggeur
le camion de poubelles
la sortie du travail
la voiture jaune du facteur
Elle attend
Elle attend assise sur le banc
Elle attendait hier
Elle attendra demain
un regard
un sourire
un éclat de lumière
pour se raccrocher à la vie
Dans une semaine un mois
peut-être plus
ou quelques jours seulement
le banc sera vide
Le promeneur solitaire
l’éboueur ou le facteur
l’écolier ou le joggeur
se demandera ce qui cloche
ce jour-là dans le décor
Il humera l’air
observera les nuages
jaugera la force du vent
sans saisir l’absence
ce celle qui n’est plus
https://www.nosaccointances.fr/4_granit_02_gaucher_les.vieilles.html
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Titre : Exercices poétiques et poèmes mathématiques
Auteur : Fernand Arçois
Éditeur : Gros Textes
Année de parution : 2025
Isbn : 978-2-35082-607-3
prix : 7€
Délicieusement absurde et totalement mathématiquement rigoureux, j’aime cet humour. Cette poésie souriante et libre. Joyeuse et pourtant si sérieuse. Se moquer ainsi et avec brio à la fois des mathématiques et de la poésie, j’aime.
À mettre en toutes les mains, dès 10 ans et en particulier dans celles qui ont tendance à se prendre au sérieux.
Trois exemples pour la route
Si j’ai, dans ma garde-robe,
2 bonnets,
2 casquettes,
1 chapeau, et,
enfin,
1 bob,
à votre avis, combien ai-je de têtes ?
Calcul ?
Combien tu pèses ?
Depuis quand tu mesures ?
Combien tu dors ben ?
Quand tu sais ?
Comment tu habites ?
Sais-tu compter jusqu’à toi ?
Jusqu’à qui réussis-tu à compter ?
J’aime faire 2 avec toi
L’expression c’est plutôt :
faire un avec l’autre
mais si l’on devenait réellement,
concrètement 1
je ne sentirais pas ta peau comme je la sens
émouvoir, émerveiller,
éprouver mon sensible
dans une envolée de plaisir et de bonté,
de beauté
j’aime faire 2 avec toi
toucher ton toi avec mon moi
comme tu touches mon moi avec ton toi
et certes les confondre tant ils sont serrés,
enlacés
j’aime compter avec toi
0 ,1 ,2 ,3
comme tu comptes pour moi
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Titre : Une enveloppe
Auteur : Philippe Mathy
Images : Willy Wenggen
Éditeur : L’Ail des ours
Année de parution : 2026
Isbn : 978-2-491457-51-8
prix : 12€
Certains instants se passent de mots. Ce sont les moments où l’on est submergé d’émotions. Ces moments indicibles. L’indicible est une des voies qu’emprunte souvent la poésie. Cette petite graine d’ours vient tourner autour de cet indicible. Elle se propose de mettre sous enveloppe une collection de ces instants-là. Ces fragiles secondes où l’on se sent autre. Ailleurs. Humain. La liste de ces instants collectionnés n’est pas exhaustive. Chacun la complétera selon sa vie et son humeur. La poésie est facteur de savoir-être. Ici, l’objectif est atteint. Le lecteur est invité à la compléter.
Les images sont limpides et calmes. Un petit ail où je respire. Profondément.
https://www.editions-aildesours.com/presentation/
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Titre : matin idée ailleurs
Auteur : Dorothée Volut
Images : Valérie LInder
Éditeur : Ail des ours
Année de parution : 2026
Isbn : 978-2-491457-54-9
prix : 12€
Qui n’a jamais été confronté à « J’ai pas d’idée ». L’angoisse de la page blanche. Ce vertige devant l’inconnu « Quelle est la réponse attendue ? ». ?
Voilà une série de courts poèmes qui tournent autour de la question. De la peur de créer. De la crainte de se lâcher. C’est un des enjeux de la poésie en classe, en atelier d’écriture et au quotidien pour le poète : oser !
Oser dire. Oser mettre des mots. Oser sortir du convenu. De l’attendu. Du stéréotype. Du silence.
Un livre à lire et à donner à lire dès le primaire pour tous les enfants que leurs médiateurs livres confrontent à la poésie. Et sans aucune limite d’âge.
Pour les idées, revenez demain,
revenez en arrière
ou revenez dans mille ans.
Ou faites un pas de côté,
comme ça, oui
comme ça
exactement : oh !
Ne bougez plus -
la vie va sortir !
Les aquarelles de Valérie Linder donnent à l’ensemble clarté, douceur et paix. On est rassuré. Tout peut arriver !
https://www.editions-aildesours.com/matin-idee-ailleurs/
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Roman
Titre : En même pas un an
Auteur : Pascal Brissy/Yaël Hassan
Éditeur : Scineo
Année de parution : 2026
Isbn : 978-2-38167-474-2
prix : €12,90
Trois amis. Depuis l’enfance. C’est la rentrée scolaire. En 4e. On entre dans le récit dans une atmosphère lourde. Plombée. Ça ne fonctionne plus comme avant. On ne sait pas quel est le problème mais il est réel. Dona, Rafaëlle et Léonard s’évitent. N’osent pas se parler. Le narrateur suit le calendrier, comme un journal. Il est extérieur. Il voudrait bien communiquer, aider mais quelque chose l’empêche de sortir de son rôle d’observateur.
Les professeurs voient bien que quelque chose ne tourne pas rond. Ils restent à l’orée du problème. Impuissants. Les parents y mettront aussi leur grain de sel.
Jusqu’au dénouement on est tenu en haleine. Un roman plein de pudeur, de tristesse aussi. D’impuissance et de remords.
Ça se lit d’une traite et on sort un peu plus humain.
Un roman pour le collège et bien au-delà tant les questions abordées sont universelles.
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Titre : Combien de pas jusqu’à la lune
Auteur : Carole Trébor
Éditeur : Albin Michel jeunesse
Année de parution : 2019
Une biographie romancée. La vie de Katherine Johnson. XXe siècle. Aux USA. On suit Katherine de sa petite enfance dans les années dans les années 20, jusqu’aux années 60/70. Une vie. De femme. Noire. Ce qui pourrait bien ressembler à un double handicap et dans les USA de ce siècle-là, c’en était un, devient une formidable leçon de vie et d’humilité. Comment ? Grâce à des parents à l’écoute. On dirait bienveillants, aujourd’hui. Une fratrie aimante. Des enseignants disponibles à leurs élèves. Au désir incroyable de Katherine de vivre sans se laisser brider par quoi que ce soit : ni les lois, ni les préjugés de l’époque, ne sauront la museler. Elle avance. Un point c’est tout.
Grace à un don aussi. Le don rare des mathématiques. Dès l’enfance elle compte, elle cherche, elle résout. Au point de sauter des classes. Au point d’intégrer la NASA et de permettre, grâce à ses calculs, l’alunissage d’Apollo 11.
en toute modestie. En toute humilité. Une belle leçon de vie. Elle aime ce qu’elle fait et le fait à fond. Simplement.
« Tu n’es pas meilleure que les autres et les autres ne sont pas meilleurs que toi » lui disait son père. Cette phrase est devenue sa devise.
https://www.albin-michel.fr/combien-de-pas-jusqua-la-lune-9782226443427
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www.patrick-joquel.com
Titre : La parole précaire
Auteur : Jean-Marie Corbusier
Éditeur : Le Taillis Pré
Année de parution : 2026
Isbn : 978-2-87450-255-2
prix : 18
Le mot m’échappe
quand je veux dire
quelque chose
Tout ce livre tourne autour de ces trois vers. La difficulté de dire. La recherche du mot. Le langage tente de « dire » le monde et cependant le monde lui résiste. Le mot n’est jamais tout à fait exact. Tout à fait juste. Le poète demeure insatisfait. Dans le « c’est presque ça, tu vois ». Tout l’enjeu de la poésie est dans ce presque. Ce geste d’approcher sans caresser vraiment.
La parole est précaire, oui. Si on pense à Rimbaud : « J’ai vu ce que l’homme a cru voir ». Cette résistance de la langue et du monde. Ce compagnonage et cette solitude. Cet entre-deux du poème.
De courts poèmes pour tenter d’approcher. Beaucoup de silence aussi. Un chuchotement. Un livre comme un compagnon taciturne des veillées au près du feu. Dans la pénombre.
https://editeurssinguliers.be/livre/la-parole-precaire/
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