PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

juin 20

Juin 2020
inédits en cours d’élaboration
*

juste revêtu de ta peau
tu marches la grève
à pas lents

la mer te sourit
son ressac caresse tes yeux
tes yeux caresse le ressac

l’une après l’autre
les vagues tranquillent

ton silence
tu l’habites de tout le corps

tu tiens tout entier
léger
dans cette aurore
et tu sais
par toutes tes fibres
tu en as pleinement conscience
que tu es entré en résistance

tu es loin de l’exubérante souplesse
tu as appris la patience
et la cueillette des instants de grâce
tu n’en lâches pas une miette

tu t’accroches
à tes rituels
guetteur d’aurore
arpenteur de sentiers
nageur matinal
la ferveur des muscles

avec ta peau pour seul vêtements
tu donnes chair à tes désirs
tu ajustes des mots
certains les appellent poèmes
d’autres les nomment textes
tu construits des cairns
jalon de chemins ou arrêts de louanges

plus tard un café croissant
au soleil matinal
le merci aux sédentaires

*
corps à corps
l’envol
caresser
les doigts étincellent
les souffles braisent
les peaux s’embrasent
le crépitement final
puis le doux sourire

*
le cormoran nageur
la mouette plongeuse
l’hirondelle des falaises
le saut d’un poisson
le vol des insectes
le pointu du pêcheur
le ressac léger
un matin d’été
la vie et moi

un merle
un skieur nautique
des voiliers
des hors- bords
un yacht
des vagues
un jet privé
des pécheurs à bord
les cigales
le ciel et la mer
du bleu
la chaleur
un matin d’été
la vie
et moi

*
les mouvements de mon bouddha ventre suivent ceux des vagues
la mer de ses multiples yeux me regarde
et nous jouons à l’imperceptible

un fin sourire écume le silence et partage
l’espace ou le temps
je ne sais pas vraiment
de quelle frontière poreuse il est signe

je ne sais plus vraiment rien
plus jeune je savais
depuis les certitudes se sont évaporées
ce qu’il me reste est sel friable
et soluble sous l’orage
ce qu’il me reste
a la saveur du fragile éphémère et l’éclat des étincelles marines