PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

J’ai lu en 2019

Mes incontournables de l’année 2 019

Album

Titre : Suzanne aux oiseaux
Auteur : Marie Tibi
Illustrateur : Célina Guiné
Editeur : Le grand jardin
Année de parution : 2 017

J’avais découvert ce livre au festival de Mouans-Sartoux, il m’avait scotché dans l’allée, face au stand du Grand Jardin. Je l’ai retrouvé au salon du livre de Grimaud avec Marie. Re lecture, même émotion. Tout est à sa juste place dans ce bel album aéré. Le regard s’y promène à l’aise et tranquillement. On est dans un jardin. On accompagne Suzanne qui vient tous les jeudis donner du pain aux oiseaux. La vie est toute simple. Suzanne est toute seule. C’est la vie qui veut ça. Elle ne s’en plaint pas. Un jour, une rencontre. Avec un jeune homme. Elle va l’aider à apprendre le français au fil des conversations. Un peu moins de solitude pour chacun. On pense à une histoire de renard… Et puis voilà, une rencontre qui change la vie. C’est juste. C’est bouleversant. C’est humain et c’est à mettre entre toutes les mains de bonnes volontés.

https://www.legrandjardin-editions.fr/livre/suzanne-aux-oiseaux/

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Titre : Sur les ailes du poème
Auteur : Chantal Couliou
Illustrateur :Evelyne Bouvier
Editeur : Editions Voix Tissées
Année de parution : 2 019

Un bel album carré, souple, riche en couleurs et en poèmes. Des poèmes qui déambulent dans la nature, d’autres qui sont saisis pendant la classe, instant furtif que Chantal Couliou garde en mots.
Ce matin encore,
toujours à la même heure,
à coups de bec rageur,
le goéland
aux vitres de la classe
voudrait
bien suivre avec nous
la leçon de calcul
du jour

Des poèmes cueillis au jardin de la maison, au potager. D’autres encore que les vents d’ouest amènent avec ces grains typiques de Bretagne.
On a ici une poète qui est attentive à ce qui l’entoure, aux cadeaux du jour ; qui se réjouit aussi bien d’un coup de vent que d’un éclair ou d’une allée de primevères. Côté oiseaux, avec le goéland, on entend un corbeau, une bergeronnette, un coucou…
Tout ceci trouve sa place dans un cahier secret avant d’être partagé dans un livre.
Dans tes cahiers
la valse des nuages
et la course du vent.
Le secret de la pluie
et les rêves de la lune.
La brûlure du soleil
et le roulis des vagues.
La lumière du jour
et le parfum du seringa.
Dans tes cahiers
mille petites choses,
mille petits secrets.

Les illustrations d’Evelyne Bouvier accompagnent avec fraicheur ces poèmes heureux.
Un cadeau à offrir aux enfants dès six ans et à tous ceux qui aiment se réjouir de la vie.

https://www.voix-tissees.com/

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Titre : Apprendre la vie
Auteur : Edgar Morin/Martine Lani-Bayle
Illustrateur :Barroux
Editeur : L’Initiale
Année de parution : 2 019

On dit que rien n’est plus difficile que de vivre à hauteur d’enfance. Je le crois pour avoir côtoyé l’enfance durant toutes ces années passées dans les écoles. Degré d’exigence, de vérité, d’humour aussi.
Ce petit album carré, comme tous les albums de l’Initiale, atteint ces hauts degrés. En toute simplicité. Edgar Morin donne ici l’essentiel de sa pensée. Plus qu’un résumé, c’est l’essence même de ce qui le met en mouvement qu’il offre ici à ses lecteurs, quel que soit leur âge.
Un bon livre pour enfant, est un livre qu’on peut lire à tout âge. Une fois de plus, c’est à cette hauteur là que joue l’Initiale.
Offrir des pistes de réflexion, des ouvertures pour le regard, pour l’écoute ; donner envie de se mettre en résonnance avec le monde et d’avancer avec lui dans son histoire. Celle de la vie.
Barroux colorie cette simplicité avec un léger sourire complice.
Un sacré livre !
à offrir et à s’offrir, juste histoire de se sentir un peu plus humain.

https://nouveautes-editeurs.bnf.fr/annonces.html?id_declaration=10000000468589&titre_livre=Apprendre_la_Vie

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Titre : Le renard qui se prenait pour une poule
Auteur : Marie Tibi
Illustrateur :Cocotte en papier
Editeur : Les P’tits Bérets
Année de parution : 2 018

Un petit album carré tout plein de malice et d’humour. Au pays des poules, animal familier pendant des siècles, un peu moins maintenant encore qu’existent des poulaillers de balcons… on est poule et c’est déjà quelque chose n’est-ce pas ?
Au pays des poules, le coq est passé à la casserole, un nouveau coq est arrivé. Quoi de plus naturel. C’est la vie des poules… Arrive un drole de concurrent… Les poules s’en débarrassent et s’étonnent cependant de ne plus voir la vieille Galinette…
Un humour léger, un humour tendre. Une réussite. Il suffit de peu bien souvent pour toucher cette indéfinissable chose qu’on appelle parfois poésie.

https://www.lesptitsberets.fr/catalogue/livre/100-le-renard-qui-se-prenait-pour-une-poule

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Titre : Les enfants de l’antilope
Auteur : Souleymane Mbodj
Illustrateur : Zaü
Editeur : Rue du Monde
Année de parution : 2 016

Un musicien conteur nous offre ici un conte de son pays : le Sénégal. Des humains, des animaux. Comme souvent dans les contes. La voix du conteur même en lecture silencieuse envoûte le lecteur et le prend dans le fil de son histoire. Magie de la parole quand elle est offerte ainsi.
Qu’attendons-nous d’un livre sinon une histoire ? Suivre ainsi l’antilope et ses enfants nous conduit jusqu’au seuil de la merveille. Un grand sourire au visage.
Les pinceaux de Zaü accompagnent avec son talent coutumier les mots. Un petit plus dans cette collection : un mini doc en fin de livre sur le Sénégal. Un pays qui m’a adopté voici bien longtemps et dont je suis fier.

http://www.ruedumonde.fr

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Titre : Contes indiens… du petit peuple du ciel
Auteur : Michel Piquemal
Illustrateur : Antonina Novarese
Editeur : Tertium
Année de parution : 2 019

Trois légendes des Indiens Cherokee, Lakota et Iroquois partagent ce livre.
Le premier conte imagine des animaux jouant à la balle. Les terrestres contre les aériens. C’est ainsi, dit le conte, que la chauve-souris et l’écureuil volant sont nés.
Le second donne naissance à la flûte et c’est là aussi tout plein de délicatesse et de sourire. On y parle d’amour et d’écoute du monde. De méditation puis d’action. Une très riche leçon d’être.
Le troisième nous plonge dans la création. Ce jour-là, Manitou donnait forme aux animaux et les animaux donnaient leur avis, leur envie. On va y rencontrer un hibou très curieux, très « moi, moi, moi », trop curieux, trop « moi, moi, moi » et ce qui doit arriver alors, arrive. Encore une belle leçon de sagesse et de savoir vivre.
Tout ceci est très joyeux, très coloré. Trois contes qui vont plaire à tous ceux qui partagent le silence et l’écoute, à tous ceux qui se sentent indien dans leur cœur.

https://www.tertium-editions.fr/

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POESIE

Titre : Ô ma vie
Auteur : Marc Baron
Dessins Fréderic Coyère
Editeur : La rumeur libre
Année de parution : 2 018

La rumeur libre lance une nouvelle collection : lèvres de voyou avec David Dumortier en directeur de collection. Le livre, cartonné, de Marc Baron en est le troisième ouvrage.
Un long poème, comme un monologue. Une nuit blanche passée à se murmurer des paroles de feu, des souvenirs et tout autant sinon plus de désirs. Un texte à lire à haute voix, pas trop haute, c’est intimiste. C’est optimiste, envers et contre tout ; quelle vie n’a pas ses zones de tristesse ou de mélancolie ? C’est joyeux. Avec ce poème on avance. On traverse les jours d’une vie, celle de l’auteur tant on sent sa présence, son engagement derrière les mots.
Un poème comme un cadeau. Une transmission. Comme si l’homme qui écrit tenterait ici de donner l’essentiel de ce qu’il a « compris, senti, cru voir » de la vie.
Un livre à laisser à portée de mains dès dix ans et sans limite d’âge.

https://larumeurlibre.fr/auteurs/marc_baron

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Titre : La cendre de nos jours
Auteur : Georges Cathalo
collages Marie-Claude Cathalo
Editeur : à l’index
Année de parution : 2 019

Il y a beaucoup de voix dans la poésie. Cathalo ici arpente ce que j’ai envie d’appeler la poésie fiction (comme existe la science-fiction en roman). Il est en effet un des rares poètes actuels à insérer dans ses poèmes des mots comme numérisation, coltan, zombie, neutrino… Rassurez-vous on trouve aussi la neige, l’amour, le présent, la présence. Les uns s’appuient sur les autres, vibrent ensemble tant est complexe le monde.
Une écriture du moment présent, en prise avec l’actualité. Le poème détourne, offre un horizon, interroge… C’est cette magie du bref qui étonne aussi et qui permet au poème de rayonner loin (si on prend la peine d’ouvrir le livre).
Un ouvrage à lire dès la fin du collège et bien au-delà.

le présent est un présent
à nul autre pareil
un cadeau du destin

il grignote le futur
pour en faire du passé

il est présent à chaque seconde
il est un feu qui couve
et ne s’éteint jamais

il veille en solitaire
devant et derrière toutes les potes.

de mystérieux colis
arriveront par trains entiers
au centre d’enfouissement
bourrés jusqu’à la gueule
de déchets radioactifs
ce seront de drôles de colis

ces encombrants seront plongés
à cinq cents mètres sous terre
dans des niches à l’horizontale

ensevelis pour des milliers d’années
ils auront pour mémoire ultime
des informations codées
gravées sur disque de saphir

ainsi les générations futures
pourront être informées
de notre folie criminelle
où irradiation et contamination
se poursuivront pour cent mille ans

http://lelivreadire.blogspot.com/2019/08/collection-les-plaquettes-la-cendre-de.html

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Titre : Mes premières fois
Auteur : Jacques Ferlay
Editeur : Les éditions du tanka francophones
Année de parution : 2 019

Après les haïkus, Jacques Ferlay nous propose des tankas. Il visite sous cette forme ses souvenirs. Ses premières fois. Depuis la plus petite enfance jusqu’aux plus récentes premières fois. C’est tendre et savoureux. Doux comme un souvenir heureux. Avec cette humeur et cette humanité qui le caractérise, Jacques Ferlay nous invite à retrouver à notre tour nos premières fois et de leur sourire.

http://revue-tanka-francophone.com/editions/catalogue_editions_tanka.html#Jacques_Ferlay

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Titre : Bistrots
Auteur : Alain Boudet
Illustrateur : Matt Mahlen
Editeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 019

Un petit accordéon en noir et blanc. Comme celui de l’aube ou bien du milieu du jour. Comme on allait aux offices, on va au bistrot. Certains à heures fixes, d’autres à l’occasion dont on fait les larrons. Quelques portraits croqués comme cacahuètes dans cet ensemble de courts poèmes qu’on imagine pris au vol d’une pause-café. Portraits bienveillants d’un amoureux de l’humain, d’un attentif à l’autre. Des poèmes reflets de lumières sur les bouteilles, frais, désaltérants ou bien chauds au creux des mains.
Ambiance noir et blanc des encres de Matt Mahlen comme jeu de gouttes sur le zinc quotidien. Un accordéon à poser sur les étagères entre deux bouteilles.
Un bel exemple à donner à ceux qui voudraient à leur tour jouer à croquer le réel en quelques gorgées.

http://donner-a-voir.net/

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Titre : Cancionero des temps obscurs
Auteur : César Anguiano/Jorge Vargas
Traduction : Patrick Quillier
Editeur : Wallada
Année de parution : 2 019

Un double recueil de deux auteurs Mexicains. Je les ai rencontrés dans le tgv. Hasard bienheureux : même voiture, places voisines ; je descendais à Marseille, eux à Paris. En compagnie de leur traducteur dont j’ai déjà parlé dans ces notes.
César, c’est dans Sang et cendres que je le découvre. Des poèmes qui témoignent des heures sombres de la présidence de Calderon (2 006/2 012). Poèmes épiques et dont l’interrogation reflète la question rémanente de la poésie : peut-on écrire et quoi en temps de barbarie ?
Que nul ne dise
Que nous abandonnons notre sang-froid
Que nous abandonnons
Notre sublime vocation de poètes
Pour seulement
Deux cents mille morts.

Et bien ici, César donne voix à tous ceux qui ont disparu, sommairement exécutés par les assassins du Pouvoir. Avec des poèmes qui jouent avec la juxtaposition des vies dans l’instant : ici, celui qui est abattu ; là l’enfant que la maman mouche. Ici, la mort ; là, la vie. Le drame d’un peuple aux prises avec un dictateur sanguinaire. Juste des mots. Des mots pour garder la tête haute et le désir de vivre en humain.

Jorge c’est avec un ensemble de poèmes intitulés Paisible village. Le titre contraste avec celui de César : Sang et cendres. Un village, des gens, la vie celle dont on dit qu’elle est de tous les jours. Sauf, qu’ici, un jour : les assassins sont venus trouer des vies avec leurs armes à feux. Beaucoup de vies. Les mots leur dressent un linceul, une couverture anti oubli. Le poème comme une mémoire tandis que le citronnier fleurit comme il en a l’habitude. Il fleurit seul à présent. Plus personne. Les habitants du village sont morts. Plus personne ici pour les pleurer. Juste un citronnier en fleurs.

http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsMore&iProduct=76&sName=Cancionero-des-temps-obscurs

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Titre : Je ne t’écrirai plus…
Auteur : Cathy Ko
Illustrateur :Geneviève Genicot
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2 018

Ce guide de survie de rupture amoureuse comme l’annonce la page de garde se déroule en trois chapitres :Tuer la victime qui est en toi, Tuer le juge qui est en toi, Ta valeur correspond à l’amour que tu donnes. Et bien sûr, comme les trois mousquetaires, un 4e chapitre est à écrire…
C’est joyeux, dynamique et plein de bons conseils. Prononcés avec humour et bienveillance. On est pris dans ce parti pris de prendre la vie du bon côté, de se réjouir de tout car tout est source d’apprentissage et d’avancée.
Des poèmes pour garder le bon chemin, le bon cap : celui résolument d’aller de l’avant et de s’en donner les moyens.
Le poème, une de ses voix, est celle de la thérapie : écrire fait du bien, voire soigne et ouvre la voie aux guérisons de l’âme. On est là, dans cette veine poétique, mais loin d’être sentencieuse, elle propose une humanité. Des poèmes comme de petites sources discrètes entre les pierres, pour se réjouir l’œil, le cœur et le corps. Lumière.
Un petit livre pour croire en la vie.

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Titre : Jardin(s)
Auteur : Anthologie
Illustrateur : Daniel Moreau
Editeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 019s

36 poètes, un plasticien, et autant de jardins… Des regards différents sur le même mot. Sur cet endroit que nous aimons tous : le jardin. Et quand bien même, on habiterait sans jardin, il reste les jardins des autres, les jardins publics et les territoires sauvages…
Lieu de source, de ressources, de contemplation, de travail… Le jardin est compagnon des humains depuis le néolithique : cela donne de la profondeur à la relation que nous avons avec la nature domestiquée.
Un livre sur papier recyclé, comme tous les livres de Donner à Voir. Un livre carré, comme on en trouve dans certains jardins de montagne. Un livre à offrir à tous les jardiniers et à tous leurs complices.

http://www.donner-a-voir.net/

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Titre : Nos têtes de linotte
Auteur : Erwan Bargain
Illustrateur : Éric Le Briz
Editeur : Corps Puce
Année de parution : 2 019

Dans la collection jeunesse voici le 29e poémier de Corps Puce. Un livre carré, illustré sobrement en noir et blanc : des animaux en action ou en portrait. Ils accompagnent de courts textes joueurs. Jeu avec les mots, avec les sons, avec les sens. C’est riche et pertinent. Cela montre aux jeunes lecteurs que la langue est multiple, moqueuse et que s’en emparer ouvre autant d’horizon que d’imaginaire.
Un livre joyeux à retrouver dans les bcd des écoles et cdi de collèges en particulier, histoire de proposer un autre rapport à la langue que celui des dictées et autres réjouissances bien dans leurs lignes.

http://www.corps-puce.org/

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Titre : Eloge du caillou
Auteur : Marie Loiseau
Illustratrice : Marie Loiseau
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2 019

Collection la petite porte, dirigée par Marion Lafage : un petit objet gris caillou. Une centaine d’aphorismes ou courts textes sur, autour, avec, sous etc le caillou. C’est tout juste, tout plaisant. Pas aussi simple que ça en a l’air même si c’est tout simple à lire. Evident, comme un caillou. Présent, comme un caillou. Avec ce silence du caillou et sa durée.
Un petit bijou à garder sur son étagère et à relire par petits graviers, comme on donne un coup d’œil à son caillou de collection chaque matin (ou soir).
Comme une pierre de lettré, ces cailloux fabuleux glanés au dehors et mis en valeur pour leur pure beauté dans un jardin, une terrasse…

10.
Quand on connait la famille
du caillou :
bijou, joujou, pou,
hibou, chou, genou…
On sait qu’on est entouré
d’exceptions.

12
Les vieux cailloux
ont la sagesse
d’amasser la mousse.
Ces voyageurs immobiles
ont la beauté
des temples détruits
et la gravité
d’antiques vestiges.

https://grostextes.fr/

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Titre : Faut bien manger
Auteur : Emmanuel Campo
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 019

Emmanuel Campo, second livre à la Boucherie Littéraire (le précédent : Maison Poésies domestiques) et tout aussi surprenant. Un livre plein de surprises, de vitalité, de rebonds. Un livre joyeux. Des poèmes à dire à haute voix, normal pour un auteur qui aime la scène. J’espère bien le voir et l’entendre un de ces jours d’ailleurs…
On est à Lyon dans ce livre et la ville vit sa vie de ville tandis que je
retourne à mon travail
qui sans effort
s’abat sur moi

Dans ce lieu de travail on croise des cadres, jeunes et dynamiques, bien affutés pour défendre leur beefsteak même au détriment des autres ou d’eux-mêmes. Des cadres bien en corps et tout en harmonie avec leurs besoins vitaux. Des travailleurs en prise aux soucis quotidiens : transport, trajet, chronomètre et la peur de manquer d’argent…
Et alors ? Tu mangeras des pâtes. C’est bon les pâtes !

et on y croise l’artiste, le poète. Un être moqueur. Moqueur de lui-même, moqueur des autres et du système qui les met en scène, souvent de maigres publics…
Un livre salutaire, qui claque au vent et qui ouvre de nouveaux chemins à cette exploratrice du langage et de l’humain qu’est la poésie.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/faut-bien-manger-d-emanuel-campo-extraits-a159331374

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Titre : Corrosion
Auteur : Mireille Disdero
Editeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 019

Ce n’est pas un guide touristique, ni un carnet de voyage. Non. Ce serait plutôt un livre d’amour. Amour qui appelle et dont l’envol permet de traverser la planète. Amour d’un pays, d’un continent, Thaïlande, Asie ; que l’on découvre au fil des mots comme on suit en filigrane l’histoire d’un amour humain.
Des poèmes, de petites proses pour jalonner ces années asiatiques. Un livre de silence : voyageuse avec des yeux d’enfants et les mots restent en suspens. Trouvent une place sur le papier. Un carnet ? Un cahier ? Dont le temps, l’humidité, a effacé quelques lignes, quelques dates. Peu importe, on est là, dans ces pages, avec des couleurs, des paysages, des odeurs, des sourires… Des moments que l’on retrouve dans cet ailleurs, que l’on oublie dans le quotidien jusqu’à ce qu’un livre vienne nous rappeler que vivre c’est aussi demeurer cet enfant curieux et attentif au monde. Que ce monde soit celui de tous nos jours, ou celui du voyage.
Du voyage, qu’il soit d’un jour ou d’années, on revient transformé, enrichi. Les pages d’un livre permettent le partage.

Dos à la lumière, tiède comme un fruit de jacquier,
tu dérives lentement vers autre chose que toi-même.
Est-ce qu’on sait vraiment qui on est…

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

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Titre : Frontières
Auteur : 73 poètes
Œuvres de Yves Olry
Editeur : Bacchanales 62/ Maison de la poésie Rhône-Alpes
Année de parution : 2 019

J’aime que les poètes interrogent le monde. Pas seulement celui du jardin mais comme ici, celui de nos territoires actuels. Des poèmes qui interrogent le mot frontière. Des poèmes qui prennent position sur ce thème dont de trop nombreux politiques s’emparent au nom de leur ambition sur ce thème que l’actualité traite régulièrement.
J’aime que les poètes interrogent leur langue. Pas uniquement pour jouer, même si rien n’est plus sérieux que le jeu et que des poèmes joueurs sont capables de s’emparer des thèmes les plus denses. Ici, ce sont les mots qu’on interroge, d’une langue à l’autre, via les traductions ; à l’intérieur de la langue elle-même : qu’est-ce qu’une frontière ? Où est la frontière ? Et comment se situer par rapport à cette ligne imaginaire bien souvent matérialisée de mur ? Comment la traverser ? Et que trouver de l’autre côté ? Qui trouver ?
Un numéro 62 d’une grande densité que j’ai parcouru et relu. Que je reprendrai et relirai.
Un panorama de 73 auteurs, de différents pays, de tous âges et aux écritures variées.
Un numéro qui a toute sa place dans les cdi de lycée et autres bibliothèques universitaires ou municipales, de toute urgence.

https://www.maisondelapoesierhonealpes.com/editions/bacchanales/

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Titre : Mes premières comptines
Auteur : anthologie par Béatrice Libert
Illustrateur :Luce Guilbaud
Editeur : couleur livres
Année de parution : 2 019

superbe petit carré à offrir à tous. Aussi bien les parents de jeunes enfants que les enseignants de maternelle et de primaire. Car ne l’oublions pas : cantonner là comptine aux tout petits c’est méconnaitre sa richesse.
On retrouve ici Jacqueline Held, Jean-Claude Touzeil,Marc Baron, Alain Boudet, Michel Cosem, Luce Guilbaud et j’en oubie…
Les images de Luce Guilbaud en noir et blanc ouvrent un peu plus l’imaginaire et on s’engouffre dans cet état de musement propre au poème.

Dors, mon tout petit.
Au bout de tes doigts
Sont dix coquillages
Posés près de moi
Sur le bord du drap.

Dors, mon poisson d’or.
Dors, mon vif-argent.
Ta main gauche est d’or.
Ta droite est d’argent.

Un jour tu seras grand.
Un jour je serai vieille.
Dors, prends tout ton temps
Pendant que je veille.
Jacqueline Held

Dans le bus
En passant
Anubis
Crut bien voir
Un ibis
Qui croquait
un biscuit
En haut d’un
hibiscus

C’est pas sûr

Jean-Claude Touzeil
un tour de plus, Donner à voir
*

Titre : Qui va avec ailes
Auteur : Luce Guilbaud
Editeur : Les carnets du Dessert de Lune
Année de parution : 2 019

De courts poèmes sans titre. Autant de devinettes. Un il ou une elle est ainsi cachée dans chaque poème. Seul indice : c’est un animal porteur d’ailes. il y a du choix. Un livre pour jouer donc à plusieurs.
Un livre pour inciter à inventer à son tour d’autres devinettes, avec d’autres règles du jeu : animal à écailles, à poils ou bien… Et pourquoi se limiter aux animaux : végétal, objets…
Des illustrations joyeuses et colorées jouent avec chaque texte.
Bref, un livre plaisant, gai et joueur. Il ne devrait pas rencontrer beaucoup de difficultés à entrer dans les écoles, centre de loisirs et bibliothèques jeunesse pour s’amuser avec tous, petits comme grands, voire très grands.

https://www.dessertdelune.be/store/p881/Qui_va_avec_ailes_%2F%2F_Luce_Guilbaud.html

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ROMAN
Titre : Les plieurs de temps (4 tomes)
Auteur : Manon Fargetton
Illustrateur : Noëmie Chevalier
Editeur : Rageot
Année de parution : 2 017/2018

Une suite, quatre personnages, quatre romans : quatre points de vue sur la même histoire qui se développe au fil des quatre livres.
Une histoire d’horloges, de temps qu’on suspend, qu’on relance, qu’on retarde. Avec mille et une possibilités qui en découlent…
Et forcément des moins gentils que l’invention, le pouvoir tentent bien…
Un récit qui tient bien en main, tout au long. à conseiller aux lecteurs avides et férus d’aventures !

http://www.rageot.fr/livres/les-plieurs-de-temps-charly-pour-toujours/

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Titre : Dix jours avant la fin du monde
Auteur : Manon Fargetton
Editeur : Gallimard jeunesse
Année de parution : 2 018

Un gros roman à dimension apocalyptique. Un de plus, on en a déjà dans la bibliothèque ? Oui, mais un différent. Chacun sur ce thème prend une direction qui lui est propre et le jeu pour le lecteur c’est d’explorer ces approches, de les questionner. De se questionner aussi : et si… qu’est-ce que…
Une catastrophe bizarre donc vient méthodiquement détruire notre planète. Nos héros, une poignée d’individus, hommes et femmes, ont la « chance » d’habiter dans la dernière zone qui sera détruite. Ils vont donc pour certains quitter Paris, dans un grand exode pour rejoindre la bretagne, ultime frontière. Voilà pour le décor.
Dire comment ces gens vont traverser ces dix derniers jours avant la fin du monde, leurs réactions, leurs sentiments ce serait gâcher la surprise pour le lecteur. Dire en revanche que leur histoire nous garde les mains sur le livre, sans répit c’est rendre hommage au talent de Manon Fargetton qui sait raconter des histoires et qui sait nous tenir en haleine.
Un livre à lire en fin de collège et au-delà : ados comme adultes ce livre s’adresse à tous ceux qui aiment ces fictions qui caressent aussi la philosophie, l’art de vivre ; qui questionnent sur l’humanité.

Un livre qui m’a permis de bien finir l’année puisqu’il est arrivé en traineau chez moi.

http://www.gallimard-jeunesse.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Grand-format-litterature/Romans-Ado/Dix-jours-avant-la-fin-du-monde

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Titre : Entre deux mondes
Auteur : Olivier Norek
Editeur : Pocket
Année de parution : 2 018

Un des livres les plus poignants et réalistes sur le thème des migrants. Quand je pense que le réel dépasse toujours la fiction… Fiction donc, on part de Syrie, on passe par la méditerranée et on remonte à Calais… Voilà pour le voyage.
On suit l’aventure du famille, celle d’Adam. On embarque avec celle d’un garçon soudanais Kilani. On croise d’autres migrants, des policiers français avec leurs états d’âme. Des bénévoles. Des violents. Des doux.
Humanité déchirée, déchirante. Reste pour certains de l’espoir, pour d’autres de la révolte ou bien de la résignation.
à lire de toute urgence.

http://www.michel-lafon.fr/livre/1921-Entre_deux_mondes.html

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Titre : La tour sans fin
Auteur : Pascal Brissy
Editeur : Scrinéo
Année de parution : 2 019

Sur la planète Terre, après l’échec de l’envol dans l’espace, avec la radio activité des sols, les humains se sont abrités dans d’immenses tours fermées. Chaque tour vit plutôt en autarcie, ce qui n’exclut pas des échanges avec d’autres tours, via des passerelles protégées.
On va y suivre un jeune homme de treize ans, Titus Prime, qui juste nommé ambassadeur va se retrouver emmêlé dans une drôle d’aventure. Il va découvrir des recoins cachés, passer par les étages les plus proches du sol. Il va découvrir l’amitié et… Si j’en dis plus, je lève le mystère du livre.
Ouvrir un livre, c’est entrer dans un mystère. Entrez dans cette tour sans fin, explorez la, suivez Titus Prime et ses amis jusqu’à la dernière page !

https://www.scrineo.fr/boutique/scrineo/jeunesse-8-12-ans/romans-812ans/la-tour-sans-fin/

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Titre : Boccanera
Auteur : Michèle Pedinielli
Editeur : Editions de l’aube
Année de parution : 2 018

Un polar Niçois. Une détective privée, Boccanera ; un commandant de police, Santucci. La ville de Nice, le vieux Nice, le Mt Boron, Riquier. Un SDF. Un peu d’extrême droite, de diversité, des gentils et des méchants. Le chantier du Tram. On est en phase avec la ville de cette première dizaine du 21e siècle.
Des polars, j’en ai lu. Là, surprise : c’est différent de tout ce que j’ai lu avant. La même jubilation que lors de la découverte de Montale, d’Adamsberg. Du neuf dans le genre. Un régal !
Point de départ : le meurtre d’un ingénieur homosexuel. Et son compagnon qui vient demander à Boccanera d’enquêter en parallèle de la police. En dire plus serait empiéter sur la surprise de ce récit sans répit.
N’attendez pas, plongez dans les rues de Nice.
Un livre à lire dès les années lycées.

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Titre : Après les chiens
Auteur : Michèle Pedinielli
Editeur : éditions de l’Aube
Année de parution : 2 019

Un roman qui me parle : il se déroule dans les Alpes-Maritimes. Le Vieux Nice, le Mont Boron, Breil sur Roya, Saint Martin Vésubie.
Au fil de l’enquête, on y croise les justes de St Martin Vésubie. Ceux qui pendant la guerre aidaient les juifs à passer les cols frontaliers. On y croise les justes d’aujourd’hui : ceux de la vallée de la Roya qui viennent en aide aux migrants. On y croise aussi l’extrême droite. Un SDF allemand. Un trafic de chiens. Une détective Diou, un commissaire Santucci… et bien d’autres personnages surprenants.
Une fiction qui repose sur l’actualité. Une histoire que j’ai lue d’une traite pendant la canicule. Pour ceux qui aiment les polars, c’est à conseiller !

http://editionsdelaube.fr/auteurs/michele-pedinielli/

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Titre : La voix de la meute
Auteur : Gaïa Gusti
Editeur : Thierry Magnier
Année de parution : 2 015
Trois tomes. ça se lit d’une traite. Trois amis : Tristan, Ludo et Mila. Ils sont dans leurs années lycées. Inséparables complices depuis l’enfance.
Cela commence par une banale attaque de chiens errants qui s’avèreront être des loups. Et nous voilà plongés dans le mythe des loups garous. On pourrait se dire, encore… Mais si on tourne la page on part dans une sacrée aventure, qui deviendra une aventure sacrée.
On y croisera les parents des trois : un vieux chasseur, un couple de commerçants, une psychiatre. Une disparue. Un directeur de clinique psy plutôt fou. Un policier percutant. Des archéologues. Des vieux bizarres et secrets.
Il y a un côté aventure initiatique, le récit accompagne ces grands ados vers l’âge adulte, bien mené. Les personnages sonnent juste et on a plaisir à les suivre.

à lire dès la fin du collège et au-delà bien sûr.

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Titre : Nos vies en l’air
Auteur : Manon Fargetton
Editeur : Rageot
Année de parution : 2 019

Thème difficile : le suicide chez les adolescents. Sur fond de harcèlement. Traité d’une manière intimiste avec deux voix : Mina et Océan.
Récit prenant. Haletant. Les héros se questionnent, se cherchent ; dépassent les limites et reviennent. Ils se tiennent bien souvent au-delà du raisonnable et en même temps gardent les pieds sur terre. Ils se soutiennent, se provoquent ; avancent ensemble.
Vers quoi ? Vers qui ?
Pour le découvrir, plongez dans ce roman.

https://www.rageot.fr/livre/nos-vies-en-lair-9782700259391

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Titre : L’enfant et l’oiseau
Auteur : Durian Sukegawa
Editeur : Albin Michel
Année de parution : 2 018

Comment croiser la vie d’un corbeau, depuis son éclosion jusqu’à l’âge adulte avec celle d’un garçon de dix ans ? Suffit de se plonger dans ce roman. On y suit les jours de Johnson, le corbeau, baptisé ainsi par Yôichi qui l’a recueilli via sa maman. On accompagne aussi le garçon qui grandit également. On voit sa mère, comme les parents corbeaux, se démener pour protéger l’enfant. Un roman de cœur, centré sur l’essentiel : l’amour, la vie. Un roman plein d’humanité. On y croise quand même, faudrait pas tomber dans le gnan gnan, les habituelles cruautés des hommes.
Roman, fable ; en tout cas, j’ai passé un bon moment à lire ce roman, accompagné par les cigales (à défaut des corbeaux).

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/lenfant-et-loiseau-9782226438034

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Titre : Traqués sur la lande
Auteur : Jean-Christophe Tixier
Editeur : Rageot
Année de parution : 2 016
1934. Une île bretonne. Un centre de redressement pour mineurs. Les enfants se révoltent contre leurs geôliers. Certains réussissent à s’enfuir. Combien réussiront à quitter l’ile ? à échapper à la misère et aux mauvais traitements du centre ?
Sur l’ile, les gens aident les autorités à traquer les fuyards, moyennant finances ; Quelques individus demeurent du côté de l’humanité, aident les enfants.
Un livre qui éclaire une époque (ces centres ont définitivement fermé en 1 977), et sa gestion inhumaine de l’enfance en difficulté. Il montre ce que cette situation génère comme comportements : de la haine à l’amour, en passant par la solidarité. un livre dense, riche et qui prend le lecteur à travers les paysages de l’ile et ceux de l’humanité.
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Titre : Sauvages
Auteur : Nathalie Bernard
Editeur : Thierry Magnier
Année de parution : 2 018

Québec. Jusque dans les années 1 990 existaient des pensionnats pour jeunes autochtones. Objectif : les séparer de leur mode de vie ancestral pour les occidentaliser. Le schéma habituel : enlevés à leur famille, les enfants grandissent dans ces orphelinats, privés de liberté, soumis aux missionnaires, interdiction d’utiliser leur langue etc.
C’est l’histoire de l’un d’entre eux, Jonas, que nous offre ici Nathalie Bernard. Une fiction basée sur le réel. Jonas va bientôt atteindre ses seize ans. La liberté accompagne cette date. Deux mois à tirer. Le récit tient là, dans ces dizaines de jours durant lesquels Jonas va se révéler. Des jours où il va croiser l’amitié, le respect, la méchanceté pure et les grands espaces. Il s’apercevra qu’il n’a rien oublié de son enfance, de son territoire. Il découvrira que la liberté a un prix. Que, si certains hommes blancs sont ignobles, d’autres sont humains, comme lui. Jonas restera, malgré tout, du côté des humains.

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Titre : Une femme en contre-jour
Auteur : Gaëlle Josse
Editeur : Notabila
Année de parution : 2 019

Dresser la biographie de quelqu’un dont on ne sait pratiquement rien sinon des milliers de photographies prises au quotidien des jours et sans souci de postérité, d’exposition, de vente. C’est le jeu de Gaëlle Josse ici.
Rendre la vie de Vivian Maier à la lumière. Elle a vécu cachée. Elle n’était rien qu’une nourrice, une employée de maison. Avec cette bizarrerie qu’on lui pardonnait sans doute : un appareil photo.
Elle a vécu sans bruit. Elle a traversé le 20e siècle sans l’éclabousser. Elle est morte discrètement en 2008. Elle a laissé des milliers de clichés. Certains jamais développés. Un homme achète tout ça presque par hasard, regarde sans comprendre. Déception. Puis il s’entête. Il découvre la valeur artistique de ce qu’il a en mains : un trésor. Il le mènera à la lumière. Comme Gaëlle Josse qui suit à contre-jour la silhouette de Vivian à travers le siècle et à travers l’Atlantique.
Un livre émouvant, poignant. Un bel hommage et une belle découverte.

http://www.leseditionsnoirsurblanc.fr/une-femme-en-contre-jour-gaelle-josse-9782882505682

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Titre : Le petit prince de Harlem
Auteur : Mickaël Thévenot
Editeur : Didier Jeunesse
Année de parution : 2 018

Un petit bijou. On est à la Nouvelle Orléans en 2018 et à New York dans les années trente. Harlem. La vie de l’époque à travers une mini famille : la mère, le garçon, un oncle et sa femme. Apparait dans l’immeuble un vieux joueur de saxophone. Le jazz et toute son histoire entre et souffle dans ces pages. Des échos, des sons, des émotions…
Un zeste de mafia, beaucoup de quotidien et d’envie de vivre, des moments de grâce et des gestes humains de partage et de respect. Beaucoup de simplicité, autant de profondeur et ce goût pour la merveille quand chacun travaille à la façonner. On joue du saxophone avec son âme. On écrit aussi avec.
A la lecture, des souvenirs de Little Lou appparaissent, des sons de Sonny Rollins et tant d’autres.
Un superbe moment de lecture.
à conseiller des dix ans.

https://didier-jeunesse.com/collections/fiction/le-petit-prince-de-harlem-9782278089888

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Titre : A la belle étoile
Auteur : Eric Sanvoisin
Editeur : Muscadier
Année de parution : 2 018
Un livre court, moins de cent pages. Une poignée de personnages. Yaelle, dix ans. Son frère, Pierrot, majeur, handicapé mental. Une fée, dit Pierrot : une sdf, âgée. Un même évènement vu par des regards différents. Évènement qui va permettre la rencontre.
Pierrot, avec son handicap va tout bousculer, le poli, le convenu et inventer de nouvelles routes. Ces nouveaux possibles seront-ils suivis ?
Livre court mais dense. Il interroge la différence, les différences. Un livre qui suscitera le dialogue et la réflexion. Comme souvent chez Eric Sanvoisin.
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Titre : Marche à l’étoile
Auteur : Hélène Montardre
Editeur : Rageot
Année de parution : 2 017

L’esclavage dans les états du sud. Ces hommes ou ces femmes qui s’enfuient vers le nord, vers le Canada pour y gagner leur liberté. C’est l’underground railway. Cette route secrète qu’ils empruntaient, de relais en relais. Ce sont ces hommes et ces femmes qui prenaient le risque d’accueillir les fuyards parce que l’homme, parce que l’égalité…
Ce sera l’histoire de Billy que nous allons suivre ainsi jusqu’à sa liberté. Avec ses rencontres au fil du chemin, les bonnes et les moins bonnes… jusqu’à New York.
Et puis au milieu du livre, une surprise ! Le récit nous conduit en Europe, du côté de Bordeaux. L’autre versant de la traite : les navires négriers.
De l’histoire, une histoire. Je n’ai pas lâché le livre : totalement en route avec Billy, en phase avec son aventure. Un livre qui explique l’esclavage en nous intégrant dans l’histoire d’un homme. Un livre à mettre dans les cdi dès le collège autant pour l’Histoire que pour son humanité. Marche à l’étoile appartient à cette catégorie de livres qui nous rendent plus humains.

http://www.rageot.fr/livres/marche-a-letoile/

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Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com