PATRICK JOQUEL Sur ce site, mon agenda des manifestations, des animations ainsi que les dernières publications.

J’ai lu en 2 021

Mes incontournables de l’année 2 021

poésie

Titre : Prendre l’air
Auteur : Jean-Claude Touzeil
Photos : Yvon Kervinio
Éditeur : L’aventure carto éditions
Année de parution : 2 021
10€
Prendre l’air, Jean-Claude Touzeil, Yvon Kervinio, L’aventure carto éditions, 2 021, 10€

Yvon Kervinio a choisi parmi sa collection une trentaine de photos de cirque. Des instants de piste. D’équilibre. De complicité. D’efforts. Des instants comme suspendus comme on est, spectateur, bouche bée et en apnée parfois sur les gradins. Jean-Claude Touzeil, avec des haïkus (un autre instantané de création) accompagne ces photos de dix-sept syllabes. Chaque double page devient alors une œuvre et l’on ne peut dissocier la photo de son haïku. On aimerait pouvoir les afficher comme un poster ou sous cadre, ces œuvres. En attendant ce jour, on peut les contempler dans ce livre à offrir à tous les amateurs de cirque, bien sûr, mais aussi à tous ceux qui aiment se saisir des instants de beauté qu’offre la vie.

http://yvonkerviniophotographe.blogspot.com/2017/08/catalogue-des-livres-de-laventure-carto.html

*
Titre : Amnésies
Auteur : Marlène Tissot
Éditeur : La Boucherie Littéraire
Année de parution : 2 018
ça commence par une chute de vélo. Le trou. Direct au lit. L’enfance et un de ses accidents. Puis les urgences et le diagnostic : « traumatisme crânien modére amnésie lacunaire ». La présence d’Alice court dans ses lignes. Le pays des Merveilles, l’enfance… « on invente ou les choses s’inventent pour nous ».
et ça continue avec une autre amnésie, plus enfouie, plus profonde et plus résistante. Une tanière à monstre. Que l’écriture en cours essaie d’approcher, de mettre en mots, de réveiller… ça échappe. Ça prend toute la place. C’est là. On est juste à la lisière.
Un texte qui résonne fort et que toutes et tous comprennent, à demi-mots. Dans les ombres.
Des mots pour dire l’indicible. C’est une des voies de la poésie. Une nécessité pour chaque être humain de l’entendre, de le formuler.

http://ekladata.com/pcytddNAZQhF1K3AOEmEcPEhEIA.jpg

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Titre : Grains de ciel
Auteur : Joël Sadeler
Illustrations : Hughette Cormier
Éditeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 021 jeunesse
vingt ans après sa disparition, retrouver Joël Sadeler est une joie émouvante. Le relire, l’entendre donner ses poèmes… Souvenirs de nos rencontres à la Suze/Sarthe, à Durcet, à Mouans-Sartoux.
Des poèmes courts. Avec ce zeste d’humour caractéristique de son écriture. Ses formules économiques et si justes :
« Lac
Eau verte des sapins
Eau grise des rohers
Vagues à crêtes de neige

Eau du lac
Écho de la montagne »

Une voix que les élèves avaient plaisir à lire : des poèmes à portée de tout lecteur mais dans le respect. Jamais rien de facile, ni de compromission avec le bêtifiant et du coup des poèmes qu’on peut lire jusqu’au bout. À tout âge et avec le sourire.
« J’aime l’hiver
Quand la terre gelée coquille
Comme le pain du boulangerieJ’aime l’hiver
quand l’herbe crousitlle
Sous mes pieds
J’aime l’hiver
Quand le ciel tamise
La neige sur les prés »

ou bien
Les coquelicots
En départementales d’imprimerie
Sur le talus
Des champs

Tabliers d’herbes et de fleurs
Qu’un promeneur du printemps
Recopiera
-Façon Renoir-
Dans les plis
De sa mémoire »
Les illustrations d’Huguette Cormier sont colorées, joyeuses et donnent une main sautillante aux poèmes. Un petit carré savoureux à partager comme une glace.
« Avant la nuit
Le soleil-abricot
Fond
Comme une glace
Entre les doigts
De l’horizon »

http://www.donner-a-voir.net/

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Titre : à Flore et à Cris
Photographe : Flora Divina-Touzeil
Autrice : Françoise Coulmin
Éditeur : Gros Textes
Année de parution : 2 021
Flora photographie son jardin normand et ses alentours. Simplement à l’affût du beau, du drôle, de la vie. Pour ce livre, avec Françoise, elles ont choisi des photos de fleurs. Compagnes du quotidien, signes de saison. Françoise a écouté les photos et posé des mots dessous. Elle propose ainsi une piste d’écriture, une perception du monde, une présence. Car il est sensible que chaque présence offre sa couleur, nourrit un regard, une pensée, un écho.
Un livre plutôt méditatif, comme une école de silence.
« Étamines

Antennes dressées
à l’écoute
de tous les secrets
du monde

Pour crier
la folie
la gaieté
l’angoisse et les non-dits »

https://grostextes.fr/publication/a-flore-et-a-cris/

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Titre : La fille de l’autocar
Auteur : Simon Martin
Images : Anne Laval
Éditeur : Cheyne
Année de parution : 2 021
jeunesse
Voici comme me l’écrit Simon «  quatrième volet de cette traversée de l’enfance débutée il y a huit ans chez Cheyne », collection Poèmes pour grandir.
Le temps de l’adolescence. Le temps de l’autocar pour le collège ou le lycée, cette routine quotidienne où l’on échappe aux parents, où l’on apprend son indépendance et où l’on découvre des émotions nouvelles. Ici, c’est la fille de l’autocar. Rencontre quotidienne. Muette. Silence des regards. Protections maximales. Timidité. Gêne.
Petit à petit, l’apprivoisement. On passe du je ne sais rien à je découvre ce qu’elle aime. Quelques mots échangés sur la musique, les oiseaux. La distance infranchissable entre leurs mains demeurent cependant infranchissable.
Le temps passe. La solitude. La désespérance. Le temps passe et on grandit. Le temps passe et puis la fille de l’autocar revient et… la distance entre les bouches s’efface. Place à l’explosion printanière. Aux couleurs de la vie. À l’élan. Tout prend un sens nouveau. La vie est belle et l’espoir est permis !
On a grandi. On dit adieu à l’enfance qu’on laisse derrière soi. Qu’on laisse derrière l’autocar.
Si les poèmes sont indépendants sur la page, l’ensemble se lit un peu comme une histoire. Personnellement j’aime ces livres où les poèmes se suivent ainsi comme dans un chemin. Ces mots m’ont embarqué à bord et le voyage est coloré grâce aux images d’Anne Laval.
Un livre à mettre dans les cdi de collèges et lycées, et bien sûr au-delà car la poésie, on le sait bien, n’a pas d’âge : elle s’adresse à l’humain, tout simplement et tout entier.
« La fille de l’autocar
parle ;
 
le paysage
défile.
 
La fille de l’autocar
froisse le bout de son écharpe ;
 
le paysage
s’arrête au carrefour. »

https://www.cheyne-editeur.com/index.php/poemes-pour-grandir/370-la-fille-de-l-autocar

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Titre : Et maintenant j’attends
Auteur : Sabine Venaruzzo
Éditeur: éditions de l’Aigrette
Année de parution : 2020
15€
Le livre commence par un long poème qui lui donne son titre : et maintenant j’attends. Qui est ce Je ?
« Alors j’attends
Comme un Noir cramé
Dans un corps container
Au bord d’un pays
Qu’on appelle liberté »

un de ces marcheurs en tongs dans les poussières de latérites, de sables, de goudrons ou d’écumes… Un de ces errants tournant le dos aux guerres, aux vies interdites ou malmenées, un de ces aventuriers du 21e siècle et de tous les siècles précédents, un nomade.
Quelle différence entre ces siècles d’errances ? La communication : tout le monde sait tout du monde, reporters, images, réseaux. Personne ne peut plaider la non-connaissance.
Que faire alors ? Sabine avec son vêtement rouge, sa valise rouge et ses gants de boxe rouge est allé à Vintimille à la rencontre. Elle est revenue à Nice à pieds, le long de la côte, comme ces migrants que l’on croise parfois en baissant les yeux ou bien en les dévisageant ; dans sa petite valise rouge les mots de ce livre.
Témoignage des vies de ces humains qui traversent les terres, les mers, les rues, les pays… ces humains que nos regards traversent sans les voir. Un livre comme un appel à plus d’humanité, dans la dynamique de ce qu’on a dû appeler, je crois rêver comme un cauchemar, le délit de solidarité.
Perte de repères. Plus rien. Derrière, un pays enfui, perdu. Devant, un pays espéré. En attendant : la marche, le corps à l’instant, les frontières fermées, les camions, les « papiers »… perte d’identité.
Au fil des pages les poèmes prennent le large à leur tour. Ils se mettent au monde, à son écoute. Ils se positionnent
« l’amour s’est assis sur un banc
tandis qu’un moteur tourne à vide
et qu’une bombe éclate dans la tête »

il y a ce poème Docteur Monde, soixante vers, soixante secondes sur Terre. À lire en une minute et laisser infuser x fois soixante autres secondes…

il y a ces poèmes témoins, ces poèmes chocs, ces poèmes questions, ces poèmes en marche et ces poèmes en attente de lecteur, en attente d’humain…

il y a en fin de livre ces pages rouges, encre blanche : le PPF projet poétique fondamental. Comme un manifeste : un engagement du poète sur les routes de l’humanité. Un engagement total et quotidien. En voici un extrait :
«… La vie est un entêtement.
Et le poète est un têtu de vie sans combinaison déchiffrable
il ne s’éteint pas. Il est luciole dans chaque pupille.

Poétons ensemble.

Écrivons le poème universel qui rassemble nos parts d’humanité.
Naissantes et naïves, éclatées sous les bombes, rassemblées dans la rue, calibrées espace vital, aimantes et sauvages, arrêtées dans des camps, couchées réverbère, irradiées cellulaires.
Poétons ensemble.

Nous sommes tous faits de la même roche, de la même terre, de m^mes cellules, de sang rouge,
Nous sommes tous inexorablement liés et reliés… »
*

« Bientôt le souffle
bientôt le souffle du vent
bientôt le vent dans le flou
bientôt le flou du vent devient fou
bientôt le vent fou s’entache de rouge
bientôt le rouge s’étale sur les corps
bientôt le rouge habille tout un corps
bientôt le rouge souffle les corps dans le vent fou
bientôt se perdent les corps dans le rouge océan
bientôt le clapotis des coprs en pointe sur l’écume
bientôt les corps soufflent des mots dans le flou
bientôt le souffle des mots sur le sable
bientôt le sable devient rouge
bientôt le vent dans les corps
bientôt les mots dans le sable

Où seul résiste un reve
qui s’accroche
au bois flottant de l’humanité »

https://www.editionsdelaigrette.com/?lightbox=dataItem-ixvva6ee

*
Titre : Mon miroir de la salle de bain
Auteur : Pierre Tilman
Éditeur : La Boucherie littéraire
Année de parution : 2 021
13€
il y a les jeux d’enfants face au miroir. J’y suis/j’y suis pas/coucou me revoilà… Il y a les petits matins rasoirs dentifrices peigne et les questions existentielles qui les accompagnent : est-ce que je serai président ? Où sont mes vingt ans ? Et toutes les autres… Ici Pierre Tilman s’interroge sur le miroir lui-même :
…Il ne m’était jamais venu à l’esprit
de regarder mon miroir
de la salle de bain
lorsque je ne suis pas devant lui.

Quand il est seul,
je ne sais ce qu’il fait.

Je me place biais
et je le regarde discrètement.

Tout au long de ces pages l’interrogation entre l’homme et le miroir de sa salle de bain. Derrière ces monologues se cachent nos questions rémanentes : qui suis-je ? Comment ça marche tout ça ? Et le temps qui modifie mon apparence jour après jour ?
Quelle perception de soi avait-on avant le miroir ? Est-ce que le miroir est le reflet fidèle de ma réalité ? Comme le dit Pierre Tilman le reflet est sans vie ; rien ne pulse en lui, il ne produit rien. Alors ?
Et le temps ? Quel est son rapport au temps ? Le reflet du présent. Sans passé. Sans futur. Un reflet d’un présent maintenant. Qui disparaît dès que l’on sort de l’écran. Le miroir et l’écran de nos ordinateurs ; qui renvoie quoi de soi ?
On plonge dans les jeux de miroirs au fil de la lecture. On se perd, comme un Narcisse amateur. On se reconnaît aussi dans les grimaces et les tentatives de dialogue avec son reflet. Finalement, le poème en explorant cet objet poli de la salle de bain nous renvoie à nous-mêmes aussi fidèlement qu’un écho. C’est une des voies de la poésie : mettre des mots sur ce qui n’en a pas. Ici simplement parce que trop ordinaire pour qu’on s’y arrête. En s’y arrêtant Pierre Tilman met des mots sur nos gestes, nos pensées ; il formule ce que l’on ressent, ce que l’on expérimente sans le nommer. Il nous enrichit. Merci !
Merci à l’éditeur de nous partager ces mots, ces réflexions, ces sourires.
Un ensemble de textes à jouer sur scène avec un ou plusieurs miroirs, un ou plusieurs acteurs ; ce serait amusant à tenter.

http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

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Titre : Quand je serai jeune
Auteur : Daniel Birnbaum
Éditeur : p.i.sage int.érieur
Année de parution : 2 020
10€

Un retour sur l’enfance et l’adolescence des vacances en Creuse. Avec des mots simples. Évocateurs. Un bain de nostalgie et de joies. Ces joies que nous sommes nombreux à partager, même si elles ne sont pas nées en Creuse. Ces instants de vie de l’enfant qui nourrissent le présent ; qui nous accompagnent et dans lesquels on revient puiser quand la solitude, la tristesse nous étreignent.
Un livre comme une joie intense. Ça requinque en ces mois compliqués à traverser.
La poésie, c’est aussi cela : partager du bonheur. Tout simplement. Même si la nostalgie, même si la perte accompagnent la lecture de ces poèmes.

Quelques extraits :

Quand on jouait aux cow-boys et aux indiens
je voulais toujours être un indien
mon grand-père m’avait fabriqué
quelque chose qui est resté très longtemps
mon objet le plus précieux
une petite hache en bois

*

et nous nous jetions à la rivière
qui partait dans un grand éclat de rire
éclaboussant le ciel et les joncs
de mille gouttelettes de bonheur
qui me servent encore aujourd’hui
contre toute sécheresse.
*
Comment
quand je serai jeune
ferai-je pour retrouver mes traces
dans ces chemins creux oubliés
abandonnés envahis remplacés
qui pourtant sont les seuls
à passer
par cette jeunesse à venir.
*

http://www.p-i-sageinterieur.fr/collections/collection-3-14-g-de-po%C3%A9sie

*
Titre : Un jour je serai
Auteur : Cathy KO
images : Yves Barré
Éditeur : Donner à Voir
Année de parution : 2 021
9€ jeunesse
Un petit carré à hauteur d’enfance. La hauteur la plus difficile à rejoindre quand on a passé l’âge. Être à l’écoute, vibrer avec, comprendre et accompagner, donner des mots et grandir ensemble en humanité. Tout un programme que Cathy Ko essaie de suivre tant au niveau professionnel qu’au niveau de ses créations poétiques.
Une suite de courts poèmes qui commencent tous par
un jour je serai
souviens-toi, combien de fois as-tu joué à ce jeu tout seul à rêver ou avec copains et copines à chercher le plus flamboyant, le plus surprenant des métiers…
des pages qui donnent à rêver. Qui mettent des paillettes dans les yeux et un petit sourire aux lèvres parce qu’on le sait on est adulte et que… mais cela n’enlève rien à la fraîcheur et à la lumière de ces poèmes.
À leur espérance aussi !
C’est accompagné des images colorées et faussement naïves d’Yves Barré. Le tout donne un livre joyeux. Tout simplement joyeux. À offrir des la maternelle et aussi longtemps qu’on est capable de dire un jour je serai. Pas de limite d’âge.

https://www.donner-a-voir.net/

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Titre : Ils
défaut de langue
Auteur : Natyok
Éditeur : la Boucherie littéraire
Année de parution : 2 021
14€
Tous les poèmes de ce livre commencent par ils. Hommes, femmes et enfants. « Cette tentative de parler de nous tous ‘l’ensemble des hommes et des femmes m’a plongée dans une profonde confusion vis-à-vis du genre représenté dans le pronom »ils ». J’ai pu constater combien ce « ils » est flou sans être neutre, combien parfois nos esprits sont conditionnés par les situations et que la langue ne nous aide pas…. « ils » est un défaut de langue. »
il ne nous reste plus qu’à inventer un nouveau pronom…
mais revenons au livre. Chaque poème est une observation. Des autres, ce qu’ils font, ce qui se passe entre eux, entre nous. On traverse ainsi une sorte de cité qui, loin d’être imaginaire, ressemble à la nôtre, remplie de ces « ils » qui nous croisent, nous heurtent parfois, nous indiffèrent souvent.
Natyok, elle, observe et rend compte. Avec empathie souvent. Un sourire moqueur parfois. C’est la vie et rien d’autre. Le quotidien. Notre quotidien. Lire ces poèmes est un rappel à demeurer dans la poursuite de cette attention au monde qui nous entoure. Toute ces vies qui sont autour de nous ont de quoi fasciner, amuser, jouer aux devinettes, et parfois à la rencontre.
Un livre salutaire à mettre dans les mains dès que l’individu commence à s’intéresser aux autres.

En tant que nageur quotidien ou presque je ne résiste pas au plaisir de partager ce « ils » (le nageur que je suis ne souscrit pas à tous les vers mais qu’importe)
Ils se donnent rendez-vous à la piscine
ils n’y vont pas seuls
certains le font
mais il faut bien du courage
personne n’aime aller à la piscine
ils le font pour être en forme
ils se donnent rendez-vous
pour avoir le courage d’être en forme
le courage de la piscine
ils prennent un sac avec leurs affaires
certains ont un équipement professionnel
d’autres non
il y a des cabines pour se changer
ils enfilent un maillot
un bonnet
des lunettes
certains mettent des palmes et un pince-nez
(c’est ce qu’on appelle l’équipement professionnel)
ils plongent
ils vont sous l’eau
ils battent l’eau
avec les bras les jambes
ils font des longueurs
pas tous
il y en a qui sont venus simplement pour se détendre
tout le monde est en maillot
ça suffit pour se détendre
voir toute cette peau offerte
(en hiver de surcroît)
ça suffit
ils restent dans la piscine une heure en moyenne
une heure pour être en forme
ou pour se détendre
ça suffit
ils retournent se changer
certains en profitent pour se laver
dans les douches collectives
d’autres gardent l’odeur du chlore sur eux
en souvenir
ils s’en vont ravis
ils ont eu le courage de la piscine
ils rentrent chez eux
les cheveux mouillés

https://ekladata.com/zPZJPpZj4zxoe0SXbEUPyeP4ohM.jpg

*
Titre : Boulevard de l’océan
Auteur : François de Cornière
Éditeur : Le castor Astral
Année de parution : 2 021
9,92€

Un recueil de chroniques. Celles du temps qui passe. Celles d’un temps de vacances. Au bord de la mer. Des jours tranquilles. À regarder la mer. À marcher. À rouler en vélo. À pêcher. À observer le monde.
On sait en ouvrant un livre de François de Cornière qu’on va y trouver la mélodie des petites choses, le murmure du caché, l’éclat bref d’un instant.
C’est sous la forme de courtes proses qu’on entre dans l’été. Qu’on arpente ce boulevard de l’océan.
On y croise des gens. Des lumières. Les jeux des marées. Ceux du vent. Et puis tout ce qui fait la vie : des gestes, des rencontres. L’ensemble dresse un univers, celui du quotidien. Celui qu’on oublie de saluer tant on le croit redondant alors que tout change à chaque instant.
Je vis proche de la Méditerranée et je passe beaucoup de temps sur le bord de la mer, et dans la mer. Je retrouve en lisant ces chroniques océanes, malgré toutes les différences, une ambiance connue. Comme un partage à distance : j’aurais envie de dire quelque chose comme on a les mêmes ici.
Comme quoi, la particularité de ce boulevard de l’océan touche aussi quelque chose d’universel. Et cela ajoute encore au charme de la lecture.
Un livre à lire en vacances, au bord des vagues ou bien en hiver pour une bonne dose d’iode. Un livre à offrir à ceux qui sont pressés de courir tout le temps pour les inciter, on peut rêver, à ralentir un peu. Un livre enfin à offrir à ceux qui ont la curiosité de vouloir découvrir le monde, pour les inciter à réaliser ces petits voyages quotidiens et flâneurs.

https://www.castorastral.com/livre/boulevard-de-locean-2/

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Titre : Le haïku en 17 clés
Auteur  : Dominique Chipot
illustrations : Anna Maria Riccobono
Éditeur : pippa
Année de parution : 2 021
20€

Dominique Chipot offre ici une solide encyclopédie du haïku : son histoire à travers les siècles, à travers les continents et leurs langues. Ses écoles, ses voies, ses philosophies.
Le haïku est vaste malgré sa brièveté. C’est à la fois un jeu et une tentative de saisir quelques mots d’insaisissable.
Dix-sept clés, dix-sept chapitres pour tenter d’approcher ce type de poème si bref, si profond, si drôle aussi parfois, si désespérant d’autres fois. En sachant qu’au bout de ces chapitres, les suivants sont à écrire personnellement. Connaître l’histoire, les histoires du haïku, n’exonérera personne d’écrire la sienne, les siennes.
Chaque lecteur en route sur la voie du haïku trouvera dans cet ouvrage richement documenté mais simple à aborder de quoi nourrir sa réflexion et son regard. Pour ma part ces premières lectures m’ont arrêté sur quelques phrases en particulier que je vous partage ici. Des lectures ultérieures en ramèneront d’autres ; le présent est toujours continu mais comme un livre il s’effeuille.
Les voici :
page 58 « Le haïku ne naît pas d’une facture ostentatoire, mais d’une tournure estompée jusqu’à devenir caisse de résonance au service des phénomènes. Laissons respirer le silence entre les mots, ouvrons la fenêtre sur ce monde insoupçonné qu’est le quotidien. »
ou bien page 99
« écrire des haïkus dans cet état de sensorialité, c’est suspendre le temps, dessiner un instantané au croisement de l’éphémère et de l’éternel… Surtout, ne pas s’imaginer que tout fait banal est sujet à haïku, là, dans l’immédiateté. Apprendre à trier. Apprendre à être l’autre. Se mettre à sa place… Trouver l’équilibre. Aiguiser ses sens à l’affût de faits quotidiens… L’étincelle ne suffit pas à faire un feu de bois… Le haïku n’est pas un texte enfermé dans l’enceinte des mots. Il s’ouvre sur une pluralité de sens dans le silence du non-dit. »
Nelly Dellay précise dans le jeu de l’éternel et de l’éphémère aux éditions Picquier, 2004 : Il n’exista pas au Japon de continuité du temps. Seulement une succession d’instants et d’intervalles qui surgissent dans un espace transitoire. . Il y trois temps : le présent des choses passées, le présent des choses présentes et le présent des choses futures. »page 124.

https://www.pippa.fr/LE-HAIKU-EN-17-CLES

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Titre : Lao du placard
Auteur : Loïc Demey
images : Clothilde Staës
Éditeur : Cheyne, poèmes pour grandir
Année de parution : 2 021
15€
jeunesse
Une couverture aux couleurs chaudes. Un garçon assis devant une masse noire, comme en méditation. En 4e de couv l’enfant a disparu mais une échelle a ouvert une porte dans la masse noire. Mystère. Ça intrigue. On ouvre le livre et on se retrouve
Nous sommes de retour sur CTZ44, la chaîne préférée de celles et ceux qui passent leurs temps devant la télévision. On me communique à l’oreillette une information de très haute importance : sachez, chers téléspectateurs, que vous êtes toujours plus nombreux à nous regarder.

On tourne la page : retour au réel. Au discours de la maîtresse, aux nombres et aux élèves qui se moquent de Lao.
« Je n’arrive pas à monter mon sourire aux autres, ni à donner de la voix à mes idées. »
elle (la maîtresse) a dit : « Lao est un enfant du placard. »
Alors on revient en arrière et on comprend pourquoi Lao mesurait son placard en début de son émission « La réponse n’est pas celle que vous croyez ».
Ensuite, et bien c’est la vie de Lao et sa sortie du placard. C’est à découvrir au fil des pages de ce poème/récit ou bien récit/poème ; je ne sais pas trop. Mais peu importe. Ce qui compte c’est que ce livre aux couleurs joyeuses accueille si librement la différence ; ouvre l’esprit du lecteur au questionnement et à l’accueil de l’autre.
Un livre qui évite les écueils qui guettent bien souvent ces thématiques pour au contraire donner de la bonne humeur à tous.
Un livre qui doit se retrouver au plus vite dans les bcd des écoles (à partir de 8 ans) et cdi de collèges et lycées, comme de nos médiathèques qui, comme cette collection de Cheyne, aiment permettre aux enfants (et aux lecteurs) de grandir.

https://www.cheyne-editeur.com/index.php/poemes-pour-grandir/376-lao-du-placard

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Titre : Une boîte à lettres vide coiffée d’une pomme de pin
Auteur : Christophe Jubien
Éditeur : éditions unicité
Année de parution : 2 021
13€
Christophe Jubien est un flâneur. Il se promène à l’écoute du monde proche. On pourrait le définir comme un poète de la proximité. Un poète de petits riens. Un poète accordé aux démarches du haïku.
Le pari

Un au-delà
est-il possible ?

Le saint s’y préparer
le philosophe en doute
et le savant dit non.

Qu’en pense le hérisson
qui traverse la route ?

*

Au cimetière

Dans ce monde flottant
même les chrysanthèmes
finissent par faner.

La mort n’aurait donc ici-bas
pas plus d’avenir que le reste ?

À l’entrée du cimetière
un vieux chien lèche
dans une flaque d’eau
la plaie rose du ciel

et puis s’en va
surnaturel et tout crotté.
*
Il ne se prend pas au sérieux et se moque autant de lui-même que de ce monde flottant dans lequel il évolue.
La poésie n’a pas pour moi
de grands projets

je suis à tout jamais
l’idiot de son village

dansant comme un follet
autour des pommes de pinceaux
faisant la révérence
au moineau qui sautille

avalant un moustique
recrachant un haïku

applaudissant à tout rp=rompre
quand il n’arrive rien.

Il ne passe rien d’autre que la vie dans son présent continu et Christophe Jubien l’accompagne avec le sérieux d’un enfant joueur. Lire Christophe, c’est ainsi se ré unifier à l’histoire du monde alentour et à son histoire personnelle. C’est juste être là.

Une deuxième partie de ce recueil s’intitule justement un monde flottant. Quelques récoltes d’instants. Comme celui-ci
Le pigeon reste
dans le cèdre longtemps

aussi longtemps
que moi sur terre

et puis, hop
c’est fini, il s’en va.

Voilà, c’est simple comme un bonjour. C’est simplement le fruit d’une présence au monde, un entraînement quotidien.
Lire Christophe, c’est aussi cela, répondre présent à cet entraînement, présent aux petits jeux du jour ou de la nuit, présent aux cadeaux gratuits du monde.

https://www.editions-unicite.fr/auteurs/JUBIEN-Christophe/une-boite-a-lettres-vide-coiffee-d-une-pomme-de-pin/index.php

*
Titre : Au bord de l’autre
Auteur : Luce Guilbaud
Images : Sylvie Turpin
Éditeur : L’Atelier des Noyers
Année de parution : 2 021
10€

Splendide petit livre. Texte tout en douceur. Et si juste. Juste quelques mots, quelques strophes pour neuf mois mystérieux. Quelques strophes pour accompagner l’enfant dans ses premiers jours, ses premières étapes de la construction du corps dans le secret maternel. Quelques pages pour grandir ce corps, cette présence, cette vie avant l’aérienne. Cette attente. Cette préparation. Jusqu’à l’arrivée. La perte de toute mémoire intra utérine et la découverte des mains accueillantes, des voix, des chaleurs, des formes.
Les images de Sylvie Turpin, courbes, lignes et formes évoquent ce lieu où s’élabore cette vie. Comme un écho, comme des pistes de silence émerveillé.
Un livre à offrir à tous dès quinze ans et peut-être plus particulièrement aux futurs parents. Pour les accompagner.

Dans ta chambre de silence
tu bois à la source du sant
la mémoire de tes origines
les façons de pas et de gestes
des pères et mères d’avant

https://www.atelierdesnoyers.fr/catalogue/livres/collection-carnets-a6/au-bord-de-l-autre,1158

*
Titre : La sourde oreille et autres menus trésors
Auteur : Béatrice Libert
Collages : Pierre Laroche
Éditeur : éditions Henry
Année de parution : 2 020
12€
jeunesse
Voilà un livre bien joyeux. Et ça fait du bien aux yeux comme au coeur. Des poèmes courts gratinés d’imaginaire et saupoudrés de quelques grains de folie. Ça pétille, ça rit, ça invente. Que ce livre ait reçu le prix Sadeler 21 ne m’étonne pas du tout. Il s’inscrit tout à fait dans une des pistes d’écriture de Joël Sadeler. J’aime ces poèmes qui s’amusent avec la langue autant qu’avec leur lecteur !
Les collages qui les accompagnent avec fantaisie et couleurs donneront des idées aux plasticiens en herbe.
Un livre à mettre dans les écoles dès la maternelle et sans limite d’âge pour autant qu’on ait gardé une part d’enfance intacte en soi.
Les pieds dans le tapis

Ça y est !
Je me suis pris
Les pieds dans le tapis

Vous me surprenez
En plein vol plané

Sans aile
Et sans boussole

C’est sûr
Je m’envole

Je n’ai plus pied
Dans mes chaussures

Direction Pôle Amour
J’emballe pour le monde

https://www.editionshenry.com

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album
Titre : Rois et reines de Babel
texte et illustrations : François Place
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Année de parution : 2 020
20€

album cartonné grand format : on s’y sent bien, bien accueilli. Les pages tournent, nous entraînent.
Ça commence avec un cerf blanc. Traqué par un prince. Une quête et une poursuite. Jusqu’à se retrouver loin, loin de tout… et dans ce loin de tout, un rocher immense, haut : le cerf disparaît dans les hauteurs, sous les nuages. Le Prince décide de s’installer là. De construire une cité. Il rencontre une belle jeune femme, l’épouse… et c’est le début de la dynastie de Babel.
Les pages tournent, les rois ou les reines se succèdent. On retrouve tout le talent inventif de François Place pour vibrer à chaque double page.
Des époques heureuses, des époques malheureuses, le lot de toute cité. L’histoire écrit la vie des hommes. Jusqu’à la dernière reine…
Et le cerf ? Demanderez-vous… Et bien sans doute court-il toujours et si un matin vous le croisez…

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Titre : Suzanne aux oiseaux
Auteur : Marie Tibi
Illustrateur : Célina Guiné
Editeur : Le grand jardin
Année de parution : 2 017

J’avais découvert ce livre au festival de Mouans-Sartoux, il m’avait scotché dans l’allée, face au stand du Grand Jardin. Je l’ai retrouvé au salon du livre de Grimaud avec Marie. Re lecture, même émotion. Tout est à sa juste place dans ce bel album aéré. Le regard s’y promène à l’aise et tranquillement. On est dans un jardin. On accompagne Suzanne qui vient tous les jeudis donner du pain aux oiseaux. La vie est toute simple. Suzanne est toute seule. C’est la vie qui veut ça. Elle ne s’en plaint pas. Un jour, une rencontre. Avec un jeune homme. Elle va l’aider à apprendre le français au fil des conversations. Un peu moins de solitude pour chacun. On pense à une histoire de renard… Et puis voilà, une rencontre qui change la vie. C’est juste. C’est bouleversant. C’est humain et c’est à mettre entre toutes les mains de bonnes volontés.

https://www.legrandjardin-editions.fr/livre/suzanne-aux-oiseaux/

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Titre : Adi de Boutanga
Auteur : Alain Serge Dzotap
Illustrations : Marc Daniau
Éditeur : Albin Michel jeunesse
Année de parution : 2 019
Un album grand format dans lequel texte et illustrations sont mis à l’honneur. On y entre avec chaleur. La chaleur de la palette de Marc Daniau bien accordée au pays où se déroule la vie d’Adi : le Cameroun.
C’est l’histoire d’une petite fille qui grandit. Une petite fille heureuse. École. Amies et amis. Jeux et rires. Comme tant d’autres petites filles dans le monde.
Seulement ici : à treize ans les filles quittent l’enfance. L’enfance et l’école. Selon la tradition, l’oncle cherche un mari à sa nièce. Des questions de prestige, de dot plus que d’amour. D’ailleurs Adi ne veut pas de l’homme auquel son oncle l’a promis. Elle veut son amoureux. Elle veut continuer à apprendre.
Pour échapper à son destin son père la conduit à Boutanga. À Boutanga, un couple franco-camerounais a ouvert un foyer école pour les filles qui s’opposent au mariage forcé et veulent continuer l’école ; garder leur liberté de choisir leur vie.
Ce livre brûle d’actualité. Combien de jeunes filles arrêtent l’école contre leur gré ? Combien sont concernées par le mariage forcé ? et pas qu’au Cameroun ; il suffit de regarder l’actualité pour comprendre que toute liberté est fragile.
Un livre à réfléchir en famille, en classe ou ailleurs. Un livre libérateur de paroles. Un livre pour grandir.
Une partie des droits d’auteur d’Alain Serge Dzotap est versée à la Fondation Gacha pour l’aider dans sa mission humanitaire.

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/adi-de-boutanga-9782751107337

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roman graphique
Titre : La street en mode bolide
Auteur : Cécile Alix et Dimitri Zegboro
Éditeur : Magnard jeunesse
Année de parution : 2 021
Un roman graphique à fond la caisse. La caisse, c’est un fauteuil roulant et le pilote s’appelle Orel. Si dans un premier temps sa mère a voulu le protéger en vivant à la campagne, fauteuil tout terrain et biceps de cross ; le moment est venu de revenir en ville pour le collège et tant qu’à faire ce sera Paris. Angoisse et exitation.
Carl ne voyagera pas tout seul, il emporte avec lui un animal.
Il découvrira des amis. Ensemble ils trouveront des solutions pour que l’animal puisse vivre en ville. Tout un réseau va se monter.
Du dynamisme dans les phrases, dans les sentiments, dans les dessins. Un livre à sourires offerts. Simple et direct, juste histoire de nous rappeler que vivre est une aventure et que la meilleure option n’est pas de tirer la gueule mais au contraire de jouer à mille sourires.

https://www.youtube.com/watch?v=z4LfEq4TBXc

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roman
Titre : Terrienne
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Éditeur : Gallimard jeunesse
Année de parution : 2 021
jeunesse
Les mondes parallèles… Un incontournable de la SF. Un de plus direz-vous ! Et alors : l’essentiel est que cela fonctionne et là pour le coup ça fonctionne bien. Anne passe de l’autre côté. Plusieurs fois. Seule puis avec quelqu’un. Dans ce monde parallèle, elle mènera la mission qu’elle s’est fixé. Elle trouvera de l’aide. En dire plus ce serait enlever les éléments de surprise qui donnent toute leur saveur au récit.
Je l’ai lu d’une traite. Complètement captivé. Un livre à lire dès la fin du primaire et au-delà bien sûr. Il n’y a pas de péremption d’âge pour un livre comme celui-ci. Comme dans tous les autres de Mourlevat.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Pole-Fiction/Terrienne

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Titre : Les impatientes
Auteur : Djaïli Amadou Amal 
Éditeur : éditions Emmanuelle Collas
Année de parution : 2 020
17€

Les impatientes, ce sont trois femmes : deux demie-sœurs encore adolescente Ramla et Hindou (papa polygame) et Safira la première épouse de celui qui va prendre comme deuxième épouse Ramla. Mariage arrangé, forcé ; Ramla est fiancé avec un jeune homme mais son oncle lui trouve un meilleur parti : l’homme le plus riche de la ville et de cinquante ans.
Elles vivent au Nord du Cameroun. Aujourd’hui. Elles ne choisissent pas leur vie. Leur époux leur est imposé par la famille. La polygamie est de rigueur. Femmes soumises à leur père, à leur mari. Elles survivent. Tant bien que mal et souvent plus mal que bien.
Quand elles veulent se révolter, se faire un peu respecter, gagner de la liberté ou simplement étudier, la famille leur répète que c’est impossible, qu’il faut être patiente. La patience donne accès à une vie meilleure et au paradis. Patience…
ces femmes n’en peuvent plus de rester patiente.
Un livre poignant. Un rappel que pour beaucoup la vie n’est pas simple. Un livre témoignage. Un livre choc.
Ne jamais oublier que la liberté est une vigilance de chaque jour. Une vigilance inlassable.

https://www.lalibrairie.com/livres/les-impatientes_0-6745863_9782490155255.html?ctx=5f9391cc8b1b3ffa8f019d8cf9a7c07a

disponible à la médiathèque de Mouans-Sartoux

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Titre : Mytho
Auteurs : Pascal Brissy/Yaël Hassan
Éditeur : Auzou
Année de parution : 2 019
jeunesse
Quand une collégienne s’invente des vies pour cacher la sienne à ses copines et copains. Quand elle se donne des identités pour masquer le fait qu’elle ne connaît pas la sienne. Quand deux auteurs s’accordent pour créer ainsi un personnage d’écrivain fictif. Quand la vie de ces imaginaires prend la forme d’une rencontre entre une vieille dame pleine de fantômes et cette jeune fille pleine de mensonges. Quand le passé revient conjuguer le présent.
Quand… cela donne ce Mytho plein de mensonges et de non dits, plein de surprises et d’émotions, plein de vies, d’humour aussi.
Une histoire bien agréable à lire !

https://www.auzou.fr/accueil/mytho-

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Titre : Calvaire Marchepied
Auteur : Bastien Fayet
Éditeur : Calicot
Année de parution : 2 021
8€ jeunesse
Le ton de ce récit m’a conquis dès la première page. Quelqu’un me raconte une histoire, j’adore les histoires pas vous ? L’histoire d’un garçon décrit comme normal, sympathique, bref moyen. Calvaire (tiens, son prénom ne semble ni normal, ni sympathique, ni moyen), Calvaire a dix ans et va à l’école. Une école à deux enseignants, deux écoles en fait tant elle et lui sont différents. La maîtresse est adorée des élèves, le maître détesté ; pour les parents c’est l’inverse. Normal.
Mais poursuivons cette histoire où vient s’immiscer une belle mère qui, comme toutes les belles mères des contes, vient grignoter la vie de Calvaire. Puis arrive le chapitre trois, un mardi et la vie de Calvaire va être bouleversée à tout jamais.
Ça y est, on est plus que pris par ce petit objet : un livre. Qu’est-ce qui fait qu’un tel objet soit capable de nous emmener si loin ? La magie des mots ? Le talent de l’auteur ? Autre chose encore ou bien tout cela à la fois plus un je ne sais quoi ? Peu importe on est parti.
Viendrez-vous à bord rejoindre Calvaire Marchepied ?

Un livre à mettre dans les mains des lecteurs dès 8 ans et jusqu’à 808 ans. Et pourquoi pas à oser lire en lecture suivie en cm ou au collège pour les discussions philosophiques que cette histoire va soulever.

https://lecalicot.fr/

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Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com